Markus Gabriel ou le constructionnisme sans monde : l’analyse de Frédéric Nef

14 janvier 2015

Le « nouveau réalisme » 4

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Pourquoi le monde existe. Une réponse à Markus Gabriel

16 novembre 2014

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Le « nouveau réalisme » 2

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Le post-post… modernisme de Markus Gabriel ou le stade du chasseur-cueilleur

26 octobre 2014

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Le « nouveau réalisme » 1

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Tous dualistes ! Même Daniel Dennett ?

27 septembre 2014

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Daniel-Dennett1

Où suis-je ?

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Récapitulons – saison VIII

2 août 2014

hollande

Année 2013-14

Récapitulation VII

Août 2013

Parution, chez Vrin, de mon travail de recherche sur la causalité mentale. La relation du corps et l’esprit est abordée à travers le problème de la causalité mentale.

Septembre

« Ce n’est donc pas parce que l’on divise le monde en différentes entités physiques, chimiques, biologiques et qu’en plus on subdivise certaines d’entre elles en différentes entités mentales, que ces divisions constituent des différences ontologiquement profondes. »

Octobre

Au sujet de la publication de l’ouvrage de Thomas Nagel Mind and Cosmos. Le livre est controversé car il pose la question de la limite de l’enquête scientifique et, dénonçant la position standard du réductionnisme (voir le compte-rendu du livre dans la revue nonfiction), le darwinisme en particulier, il cherche à ouvrir une nouvelle perspective téléologique.

Novembre et décembre

« Si nous sommes des agents, de véritables agents, alors nous avons des pouvoirs causaux ! »

Janvier

Mort du philosophe Johnathan Lowe, défenseur d’une conception réaliste de la métaphysique comme discipline autonome.

Février

Incitation à nous tourner franchement vers la métaphysique, c’est-à-dire à nous demander directement ce qu’est le mental, la sorte de « chose » qu’il est.

Avril

Quand le cinéma examine le problème de l’identité personnelle. Après le corps de John Malkovitch que Spike Jonze nous permettait de visiter et de contrôler, c’est autour de la voix de Scarlett Johansson d’habiter un système d’exploitation et d’y persister, à la manière d’une personne, sous le doux nom de Samantha.

Traduction, avec Dominique Berlioz, du livre commun,  écrit par E. Anscombe et P. Geach, Three Philosophers,en 1961. Un exposé majeur de métaphysique analytique.

Mai

Mort d’un des plus grands philosophes contemporains, David Armstrong. 

Juin

Panique philosophique dans le numéro de Mai de la revue Cités. Frédéric Nef dans un article intitulé « Et voilà pourquoi votre fille est muette » répond à la narration de Juliette Grange.

Les avancées des neurosciences doivent-elles nous faire abandonner la métaphysique ? 

 Juillet

Acte 2 de la réponse à Juliette Grange. Cette fois, c’est  Jérôme DokicPascal Engel et Frédéric Nef qui répliquent au tableau fantaisiste et inquiétant de J. Grange. « Les philosophes français sont-ils des bigots ? ». 20 co-signataires se joignent aux auteursAnouk Barberousse, Université de Lille 1, Dominique Berlioz, Université de Rennes I, Jacques Bouveresse, Collège de France, François Clementz, Université d’Aix-Marseille, Alain de Libera, Collège de France, Vincent Descombes, EHESS, Filipe Drapeau Contim, Université de Rennes I, Michel Fichant, Université Paris IV, Jean Gayon, Université Paris I, Max Kistler, Université Paris I, Pascal Ludwig, Université Paris IV, Jean Maurice Monnoyer, Université d’Aix-Marseille, Kevin Mulligan, Université de Genève, Ruwen Ogien, CNRS, Elisabeth Pacherie, CNRS, Joëlle Proust, CNRS, Christine Tappolet, Université de Montréal, SOPHA, Claudine Tiercelin, Collège de France, Marcel Weber, Université de Genève, Francis Wolff, ENS Ulm.

Publication de mon article qui reprend le problème qui se pose lorsque l’on se demande comment les états mentaux peuvent être la cause d’événements physiques. C’est dans la revue IGITUR, Arguments philosophiques.


De l’influence de David Armstrong et de la philosophie australienne

2 juin 2014

 

« […] je soutiens que l’Australie existe
et que de façon éventuellement un peu surprenante,
elle contient un grand nombre de philosophes. »

David Armstrong, « Cygnes noirs », 2000

armstrong et smart

David Armstrong et Jack Smart en 2006

* * *

Jean-Maurice Monnoyer et Bruno Langlet du séminaire de métaphysique de l’université d’Aix en Provence rendent hommage à David Armstrong.

Cygnes noirs :

Les influences formatrices dans la philosophie australienne

 

SEMA

 

Nb : Pour en savoir plus sur l’école australienne de philosophie, on peut lire la longue introduction de Jean-Maurice Monnoyer « Le réalisme et l’école australienne de philosophie » (p.11-97) à l’ouvrage La structure du monde, Vrin, 2004.


La mort de David Armstrong

16 mai 2014

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Le 13 mai, le philosophe australien David Armstrong, dont il est souvent question dans ce site[1], est mort. Avec lui, la philosophie contemporaine perd un de ses plus grands philosophes et  la métaphysique naturaliste l’un de ses auteurs les plus puissants.

L’œuvre considérable de David Armstrong explore quantité de thèmes en métaphysique, épistémologie et philosophie de l’esprit. Défenseur du réalisme en métaphysique et du matérialisme en philosophie de l’esprit, David Armstrong a défendu une ontologie d’états de choses (states of affairs) qui constituent les vérifacteurs (truthmakers) de nos énoncés à propos de ce qui est. L’influence centrale de David Armstrong ainsi que celle de David Lewis marque le renouveau de la métaphysique au XXème siècle.

Peu traduit en Français mais avec de belles exceptions, l’œuvre d’Armstrong est importante. Son livre publié en 1968, A Materialist Theory of the Mind fait de lui, avec Jack Smart et Ullin Place, un pionnier de la position matérialiste en philosophie de l’esprit. « Nos états mentaux sont identiques avec nos états du cerveau », telle est la façon radicale de répondre au dualisme de Descartes. Cette réponse va de pair avec la compréhension scientifique que nous avons aujourd’hui du cerveau. Le livre d’Armstrong, avec les contributions de Smart, Place et Feigl, introduit un débat en philosophie de l’esprit qui se poursuit encore aujourd’hui.

Dans sa philosophie de l’esprit, Armstrong parle de propriétés, de lois, d’événements et d’états de choses. En bref, il réintroduit et prend au sérieux des entités de la pensée humaine qui avaient eu tendance à tomber en désuétude. En publiant dix ans après son ouvrage de philosophie de l’esprit, Theory of Universals,  il fait revivre un point de vue réaliste au sujet de ces entités et de leurs instances. Progressivement il étend cette idée au sujet des lois et dans, peut-être son livre maître, A World of States of Affairs (1997), il expose un système métaphysique analytique qui synthétise toute sa pensée. Il examine les propriétés, les relations, les nombres, les classes, les dispositions, les causes, etc. et fait des états de choses les constituants fondamentaux du monde. Enfin, en 2004, poursuivant sa tâche métaphysique, il publie Truth and Truthmakers, traité dans lequel il soumet au lecteur une explication entre la vérité et ce qui rend vrai cette vérité.

En Français, le livre Les Universaux, une introduction partisane, (Ithaque 2010) est sans doute la meilleure introduction à la métaphysique analytique car il permet au lecteur, en plus de se faire une idée à propos de l’antique problème des universaux, de cartographier l’ensemble des positions que l’on est susceptible d’adopter au sujet de la nature des propriétés, des relations et des particuliers qui constituent pour le réaliste, la structure du monde.

On trouve, chez Vrin, en 2004, une importante introduction intitulée « Le réalisme et l’école australienne de philosophie » écrite par Jean-Maurice Monnoyer  qui précède un ouvrage dans lequel on peut lire trois textes de David Armstrong[2] ainsi que d’une kyrielle de philosophes australiens, anglais, américains et français, La structure du monde, objets, propriétés, états de choses.

Dans le les textes clefs de Métaphysique contemporaine, propriétés, mondes possibles et personnes, 2007, textes réunis par E. Garcia et F. Nef, un article d’Armstrong, « Les universaux comme attributs » ; et dans la revue de métaphysique et morale, sous la direction de J-M Monnoyer de F. Nef, 2002, « Vérifacteurs pour des vérités modales ».

Dans ce blog, la traduction  du texte de défense du matérialisme « L’illusion de la femme sans tête ».

* * *

[1] « Un « indispensable » en métaphysique : David Armstrong et les universaux »

« David Armstrong : pouvoirs causaux, lois, propriétés »

« Universalia in rebus : le réalisme de David Armstrong »

« Les trois David (Hume, Lewis, Armstrong) et la perception de la causalité »

« Une solution ontologiquement sérieuse : le fonctionnalisme d’Armstrong et de Lewis »

« David Armstrong, philosophe de l’esprit »

« La nécessitation contingente en question »

« L’unicité dans le multiple – l’extrémisme platonicien »

« Platon et les modernes : instancier un universel »

[2] « Vérités et vérifacteur », « Défense de la théorie des vérifacteurs » et « Théorie combinatoire revue et corrigée »

 

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Jour maussade pour la métaphysique : La mort d’E.J LOWE (5/01/2014)

10 janvier 2014

 

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L’influence de l’esprit sur le corps

3 décembre 2013

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Le corps et l’esprit : essai sur la causalité mentale (recension)

25 octobre 2013

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Compte-rendu du livre le corps et l’esprit (au sujet de la causalité mentale) par Yann Schmitt

Les pouvoirs de l’esprit

sur le site de nonfiction.fr


La profondeur ontologique du mental

23 septembre 2013

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Le « mental » et le « physique » sont dans le même bateau

2 septembre 2013

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Le corps et l’esprit, essai sur la causalité mentale (à paraître)

17 août 2013

Paraîtra fin août, aux éditions Vrin, mon essai sur la causalité mentale. En voici une présentation sommaire.

 couverture

Par bien des aspects le problème de la causalité mentale peut nous apparaître insoluble. En levant votre bras par exemple dans une assemblée afin de voter « oui », vous effectuez un certain déplacement physique dont la cause est la volonté d’apporter votre soutien à une personne ou à une décision. Votre désir de montrer votre approbation en pareil cas et votre croyance que l’élévation de votre bras signifie « oui » entraînent et guident votre action. L’évidence qu’un certain état mental, constitué ici d’un désir et d’une croyance, cause un événement physique, le mouvement de votre bras, et d’une façon plus large, une action, soulève un problème. Comment un état mental, comme une croyance et un désir, que je ne peux pas identifier en tant que tel dans les derniers résultats d’un ultime examen que la science pourrait produire au sujet du cerveau, peut-il causer un mouvement physique ? Comment une chose pareille est-elle rendue possible ? C’est le problème antédiluvien de la causalité mentale – et ce livre cherche à le résoudre.

La solution philosophique que je propose non seulement soutient l’idée que l’esprit et le corps sont intimement liés mais que les processus psychologiques ne sont pas séparés des processus physiologiques. La science et la philosophie n’ont, en effet, rien à craindre l’une de l’autre. Vouloir comprendre ce qu’est l’esprit, chercher à en savoir plus long sur la relation qu’il entretient avec le corps ne peut que résulter du double progrès de la science empirique et de l’évolution de nos concepts. Il n’en demeure pas moins que les informations que nous offrent la neurobiologie ou les sciences cognitives ne nous délivrent pas la solution du problème philosophique de la causalité mentale.

Pour cette raison, l’approche de cet ouvrage est résolument métaphysique ! On y parle d’événements mentaux, de « survenance » de l’esprit sur le physique, on y dissèque et analyse les concepts de causalité, de dispositions, de pouvoirs, de propriétés… On introduit même des entités de l’art : les tropes. Toutefois, si l’enquête est purement philosophique, qu’elle s’inscrit dans une tradition amorcée et léguée par Descartes, elle se construit ici et maintenant, c’est-à-dire dans notre monde stupéfié par les résultats que mène la science, en particulier les neurosciences.


Récapitulons (VII) et faisons de la métaphysique

11 juillet 2013

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Année 2012-13

On peut se demander pourquoi nous ne devrions pas nous tourner vers les neurosciences afin qu’elles nous expliquent si oui ou non par exemple nous avons le pouvoir d’exercer  librement notre volonté ou  si nous faisons seulement semblant de choisir ? La science empirique n’est-elle pas le meilleur chemin pour découvrir des vérités sur nous et sur le monde ? Les questions relatives à la nature de l’esprit, à la conscience où encore à nos actions qui ne sont pas de simples choses qui arrivent sans raisons particulières, nous posent toujours problèmes et il est légitime de se demander si nous devons passer notre temps à lire de la philosophie ou à consulter les dernières nouvelles de la science. C’est vrai que les sciences nous expliqueront qu’il se passe quelque chose de physique entre nos deux oreilles, quelque chose que l’on comprend de mieux en mieux et qui démontre que le libre-arbitre par exemple n’est qu’un reste de notre psychologie populaire. Autrement dit, et à première vue, un traité de science paraît bien placé pour résoudre nos problèmes et répondre à nos questions. Mais doit-on en conclure que toute métaphysique est vaine et que la philosophie ferait mieux de se retirer en dehors du champ de la connaissance ? C’est vrai que les philosophes débattent sans fin et n’apportent que des raisons d’adhérer à certaines de leurs conclusions. En cela, ils ne produisent pas le même type de réponses à ces questions. C’est normal ! Ce qui concerne la philosophie est ce qui rend la vérité ou la fausseté possible. Et c’est bien pour ça qu’elle demeure rivée à la recherche de la connaissance.

Dans ce projet, la philosophie ne travaille pas, isolée dans son univers d’a priori, en dehors de la science. Cela ne veut pas dire que la métaphysique de l’esprit serait soluble dans les sciences qui ont pour objet l’esprit. Ce ne peut, en effet, pas être à la science de sélectionner la meilleure catégorie métaphysique. Le dualisme du corps et de l’esprit, par exemple, thèse qui soutient qu’il existe deux substances, l’une pensante, l’autre étendue ou deux types de propriétés irréductibles l’un à l’autre, est une décision philosophique qu’aucune découverte scientifique ne peut véritablement trancher. C’est normal, les scientifiques ne cherchent pas à construire des expériences qui auraient pour objectif de démontrer la fausseté d’une position métaphysique. Ce que peut faire la science, c’est poser de nouveaux problèmes aux philosophes et elle ne s’en prive pas. Ainsi lorsque Benjamin Libet nous montre qu’il se passe quelque chose entre nos oreilles avant que nous prenions conscience de notre décision d’agir, il pose un nouveau problème aux philosophes qui doivent alors s’atteler à une clarification conceptuelle de la notion du libre-arbitre par exemple. Et cette tâche est strictement philosophique. La contribution de la philosophie à la compréhension de l’esprit, s’effectue dans un monde que les découvertes scientifiques modifient. Le dualisme de Platon, de Descartes ou celui de Chalmers émerge dans des contextes modifiés par la science.

Il n’y a donc rien de daté, de dépassé – rien qui ne soit stérile dans la métaphysique qui cherche à dire ce que sont les catégories fondamentales de l’être. Et parce que  ces catégories sont formées par les recherches empiriques, elle travaille avec la science.

Les billets publiés cette année ont cherché à soutenir ce point de vue.

Une telle orientation de la philosophie est aussi celle que l’on peut découvrir dans l’excellent blog du séminaire de métaphysique d’Aix-en-Provence qui contient un grand nombre de textes, recensions, traductions en métaphysique.

Merci à tous les lecteurs et commentateurs…

François Loth


Métaphysique, quanta, littérature

21 juin 2013
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Eclosion métaphysique à Aix-en-Provence

13 mai 2013

Premiers jours de mise en ligne…

blog du Séminaire de Métaphysique

d’Aix-en-Provence

Laboratoire de Métaphysique Analytique et d’Ontologie Formelle

déjà riche d’une formidable documentation : articles (J-M Monnoyer, O. Massin, B. Langlet…) traductions (A. Bird, K. Fine, A. Varzi, D. Lewis, S. Mumford…), recensions, résultat d’activités d’un groupe de recherche en métaphysique.

SEMA

J-M Monnoyer, directeur du séminaire (SEMa) présente ainsi le projet :

La métaphysique expérimentale et zététique s’intéresse à toutes les entités que l’on met « sous observation », quel que soit leur mode de présence. La poussière ou les couleurs, les idées ou les images, les objets ou les artefacts. Mais elle pourrait aussi s’intéresser aux zombies ou aux « egos » baladeurs, traiter comme ferait une économie générale de la sous-classe des motards disciplinés et prudents, se passionner pour l’art pariétal ou pour les produits du design, interroger les virus et le fonctionnement des locaux destinés à la recherche. Certains on dit qu’il se faisait de la métaphysique « comme on respire » — oui certes, mais il y faut un air frais et de nouvelles façons d’étudier, moins « clivantes » et plus compétitionnelles, à l’encontre des fausses spécialisations qui ne sont jamais que pseudo compétitives et qui conduisent à n’engendrer dans leurs débats que des querelles de personne. Les séances du SEMa ne peuvent être que contradictoires. On y rencontre parfois des nihilistes, et d’autres qui ne les trouvent pas entièrement convaincants. Cette crise-dont-on-parle est en effet sans pitié, et même les partisans de la matière ouatée, gommeuse, plastiquement endurante, magnétiquement collante, sont aussi victimes de cet encombrement : s’il n’y a plus d’objets ordinaires, s’il n’y a plus de personnes, d’où vient cet enchevêtrement de chaises et ces vigiles qui nous disent de sortir. (lire la suite)

Un travail de recherche imposant, signe du dynamisme de la métaphysique contemporaine (à cliquer,  à lire, à suivre, à partager…)


Trope et vide : la voie du milieu de Frédéric Nef

19 janvier 2013

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Aurélien Tonneau : Séminaire junior de métaphysique des sciences

16 janvier 2013

Un séminaire junior de métaphysique des sciences, initié par Aurélien Tonneau, débutera le lundi 4 février de 16 à 18h, au 1er étage de l’IHPST, 13 rue Dufour (Paris, métro Mabillon).

Ces rencontres chercheront à  explorer ce jeune champ de recherche qui s’est considérablement développé au début du XXIème  siècle. Il part d’une mise en relation de la métaphysique analytique avec les sciences à travers les méthodologies, les notions, et modélisations présentes dans ces deux domaines. L’origine de ce courant est complexe et est en partie liée, en philosophie des sciences, à un retour du réalisme scientifique qui part de l’intuition selon laquelle les termes théoriques comme bosons, trous noirs, molécules, etc. sont des entités réelles qui ont une existence indépendante de l’esprit.

Ce retour du réalisme scientifique a conduit certains philosophes des sciences à construire des métaphysiques qui passent par l’exigence d’une antériorité scientifique dans leur méthodologie, plus précisément par l’idée de prendre pour point de départ les meilleures théories scientifiques actuelles afin de construire des métaphysiques. De tels développements réinterrogent en retour la métaphysique analytique plus traditionnelle, puisqu’ils redéfinissent certains concepts comme la fondamentalité, les modalités, et utilisent de nouvelles conceptions comme le réalisme structural ontique qui passe par l’abandon de la catégorie d’objet matériel.

Le but de ce séminaire sera d’explorer, de mettre en question et d’apporter un regard critique sur la métaphysique des sciences.

Pour toute information sur l’organisation, le contenu, ou si vous souhaitez être mis sur la liste de diffusion, n’hésitez pas à écrire à l’adresse aurelientonneau@yahoo.fr

Quelques éléments de bibliographie :

M. Esfeld (2012). Physique et métaphysique: une introduction à la philosophie de la nature. Lausanne: Presses polytechniques et universitaires romandes.

A. Ney (2012). Neo-positivist metaphysics. Philosophical Studies, 160.

J. Ladyman (2012). Science, Metaphysics and Method. Philosophical Studies, 160.

L. Paul (2012). Metaphysics as modeling. Philosophical Studies, 160.


Le libre arbitre est un problème métaphysique

14 octobre 2012

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Récapitulation (VI)

17 juillet 2012
Ailleurs…

Année 2011/2012.

Où le problème de la causalité mentale vient se frotter à celui du libre-arbitre.

Bien que ces problèmes soient profondément liés, ils sont souvent discutés indépendamment. Cependant l’exercice du libre-arbitre suppose que des évènements mentaux possèdent leurs propres pouvoirs causaux.

En rapprochant ces questions, nous sommes revenus sur le problème de l’identité personnelle et pour apporter une cohérence, avons réveillé à nouveau le dualisme des substances (Cf. J. Lowe).

D’un point de vue ontologique, le lien entre le dualisme  des propriétés, qui est au soutènement de la théorie standard du physicalisme non réductionniste, et le dualisme des substances a été questionné. Quant aux relata de la causalité, il semble bien qu’en soutenant une thèse qui donne  à la volonté libre une place absolue, c’est-à-dire une volonté qui n’est pas déterminée, les évènements ne puissent plus être convoqués. Mais comment, d’un point de vue métaphysique, comprendre cette étrangeté qui nous impose de renoncer à la clôture causale du monde physique ?

Affaire(s) à suivre…

Merci pour tous les commentaires.

François Loth


Quelle est la cause ? La substance ou l’évènement ?

19 avril 2012

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Ce que nous sommes et le problème de la relation du corps et de l’esprit

16 janvier 2012

 

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Persistance du dualisme en philosophie de l’esprit ou le cartésianisme « réformé »

18 décembre 2011

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John Malkovitch a un problème (avec son identité personnelle)

24 novembre 2011

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Claudine Tiercelin : « La philosophie n’est pas une sagesse… et c’est fort bien ainsi ! »

1 juillet 2011

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John Heil bloque les zombies !

6 juin 2011

Zombies philosophiques

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Du point de vue ontologique de John Heil

7 mai 2011



Si, de temps à autre, sur le continent, on croise encore des contempteurs de la métaphysique ou de curieux médecins légistes qui ne se lassent pas d’en signer l’acte de décès[1], on ne peut pas dire, en lisant cet ouvrage, que l’auteur en ait été affecté. Le point de vue ontologique dont se réclame John Heil est un programme de métaphysique dans la plus pure des traditions[2]. Ce livre s’adresse à tous ceux qui pensent qu’une enquête philosophique cherchant à répondre à la question « qu’est-ce qui existe ? » conserve aujourd’hui tout son sens. La réalité est-elle composée de niveaux d’être ? Que sont les objets et quelle est la nature de leurs propriétés ? Quelle place donner aux prédicats dans cette enquête ? Voilà quelques-unes des questions qui se posent au métaphysicien. Mais comment procéder ? Et surtout par où commencer ? Si ce livre n’est ni un précis ni un guide des pratiques en ontologie[3], il réunit cependant toutes les raisons de penser que l’enquête ne doit pas commencer par une enquête dans le langage. Il en va du « sérieux[4] » de l’ontologie.

Afin de sortir de l’impasse dans laquelle la philosophie de l’esprit aurait été entraînée, C. B. Martin et John Heil, dans un article intitulé « The Ontological Turn[5] », prescrivaient déjà au malade une infusion d’ontologie sérieuse. Ils répondaient ainsi au « tournant linguistique » – selon lequel tout problème philosophique se mue en un problème à propos ou dépendant d’un problème du langage – et à la stérilité dans laquelle certaines disputes philosophiques avaient fini par s’enliser. Selon Martin et Heil, vouloir échapper au caractère paralysant de certaines questions relatives aux rapports du corps et de l’esprit – comme la causalité mentale ou le problème de la conscience, par exemple –, requiert que l’on examine de façon plus approfondie les entités sous-jacentes (objets, propriétés, événements, relations, etc.). Heil lui-même[6], à l’instar de tous les philosophes qui ont apporté leur contribution à la recherche de solutions techniques toujours plus complexes à certains problèmes, aurait par trop délaissé les questions d’ontologie. Dans le présent ouvrage, l’auteur change de cap et dévoile son jeu ontologique. Puis, enquêtant sur trois problèmes traditionnels en philosophie de l’esprit – la couleur, l’intentionnalité et la conscience –, il met ses positions au banc d’essai.

Quine n’aurait-il pas été sérieux ?

Singulièrement, à aucun moment dans son ouvrage – et ce, malgré l’analogie des titres –, Heil ne fait explicitement référence à W. V. O. Quine, qui, cinquante ans plus tôt, publiait From a Logical Point of View[7]. Cependant, en définissant la théorie picturale comme l’idée que ce qui caractérise la réalité peut être « extrait » de nos « représentations linguistiques, correctement enrégimentées » [p. 31], John Heil, sans équivoque, interpelle le logicien. Quand il reprend dans son propre titre la formule de Quine, Heil n’exprime là ni filiation ni voisinage mais bien plutôt une rupture, ou du moins un changement de direction. Se pourrait-il que Quine n’ait pas pris l’ontologie au sérieux ?

En ontologie, le programme est explicite. Pour dire ce qui, dans le monde, est, il nous faut dresser l’inventaire des types d’entités et de relations qui sont dans la réalité. Une bonne ontologie est celle qui fournit la structure unificatrice la plus large qui soit, afin d’y héberger les vérités de toutes les sciences. Mais comment faire ? D’un côté, il y a le monde, de l’autre, nos représentations alignées sur le langage.

Selon Quine, la bonne méthode en ontologie consiste à s’en remettre aux sciences. De fait, les sciences sont les sources les plus fiables de la connaissance. Pour constituer cet inventaire, pour dire ce que sont les choses, on ne peut, pense Quine, que prendre appui sur les énoncés scientifiques. La tâche du philosophe devient alors plus humble : il s’agit d’étudier les engagements ontologiques incorporés dans les théories. Le logicien considère que chaque théorie scientifique incorpore une ontologie qui se trouve définie dans les énoncés de cette théorie même. Pour lui, la formalisation efficace qui permet de détecter cet engagement est celle de la logique des prédicats de premier ordre[8]. Le sérieux de l’instrument logique qui permet de déterminer ce que sont ces engagements ontologiques ne peut donc pas être remis en cause ! Quine, lui aussi, prend manifestement l’ontologie au sérieux.

Ce qui justifie le changement de cap préconisé par Heil n’est donc pas le sérieux, mais le fait que la notation ne nous révèle que l’engagement. En effet, Quine ne prétend pas dire ce qu’il y a, mais ce à propos de quoi nous disons qu’il y a[9]. Autrement dit, ce qui est possible dans le monde ne dépendrait que de ce qui est logiquement possible et concevable dans le langage. De l’inventaire des types d’entités et des relations dans la réalité, on est passé à l’inventaire des engagements ontologiques des théories. C’est tout ce que refuse Heil ! Ce que peut faire la philosophie en ontologie ne saurait se réduire à une enquête dans le langage.

Heil nomme « théorie picturale » ce qui soutient un tel projet. Cette théorie aurait selon lui insidieusement pénétré un grand nombre d’arguments philosophiques et n’aurait fait qu’ajourner les solutions de nos problèmes. La théorie picturale postule que, si nous sommes capables de définir les prédicats qui nous permettent de faire une description du monde, alors nous sommes capables d’en extraire ses structures. Or le langage n’est que l’une des multiples manières dont nous faisons commerce avec les entités du monde : nous les touchons, nous les regardons, nous les modifions… mais il n’a pas de privilège particulier. Le point de vue de Heil est donc le suivant : de la représentation linguistique, on ne peut prétendre extraire les propriétés des objets du monde.

Certes, la méthode que pratique Quine ne doit permettre d’extraire du langage que la forme de la réalité. Cependant, aux yeux de Heil, c’est déjà trop ! Pourquoi devrions-nous supposer que la forme de la réalité trouve son reflet dans le langage ? Non seulement on ne peut pas extraire les structures du monde de nos représentations linguistiques, mais la forme logique de notre langage n’est en aucune manière le reflet de la forme du monde. Ce à quoi nous invite l’auteur[10], c’est tout simplement l’abandon d’une certaine manière de faire de la philosophie qui commence et finit dans le langage. L’ontologie ne doit pas « suivre mollement (à la Quine) les derniers efforts de la recherche scientifique dans des tentatives timorées de clarification conceptuelle[11] ».

Pour répondre à la question de ce qui est, Heil nous propose de prendre une tout autre direction. S’il concède à Quine qu’il faut commencer par décider de ce que serait la meilleure théorie empirique, il ne s’agit plus pour lui de se demander sur quoi quantifier. Nous devons nous concentrer sur ce qui, dans le monde, existe et rend vrais nos énoncés. La vérité est une relation qui requiert à la fois un vériporteur (une phrase, un énoncé, une représentation, une proposition,) et un vérifacteur (une portion de la réalité). Le point de vue ontologique est aussi le point de vue du vérifacteur. Ce qui satisfait un prédicat incorporé dans un énoncé vrai doit donc, comme le préconise Quine, être soigneusement questionné. Mais adhérer au principe des vérifacteurs, c’est avant tout accepter une théorie réaliste pour ces vérités. Il y a quelque chose qui existe dans la réalité, indépendamment de ce qui porte la vérité et la rend vraie.

Cependant, adhérer au principe que les vérités ont des vérifacteurs ne signifie pas que nous sachions ce que sont les vérifacteurs. L’énoncé « Il y a un arbre dans la cour. » est vrai parce que, ou en vertu, du fait qu’il y a un arbre dans la cour – laquelle cour est une réalité indépendante de cet énoncé. Mais, là encore, lorsqu’on se demande en quoi consiste cette relation « en vertu de » ou « parce que » – on sait qu’il ne s’agit pas d’une sorte de relation causale[12] – la théorie picturale n’est sans doute pas le meilleur guide.

C’est ainsi que Heil[13], sans dire ce qu’est la relation de rendre vrai, concentre son argument sur ce qu’elle n’est surtout pas : une implication logique. Penser que la relation de rendre vrai est une relation d’implication entre une portion de la réalité et une entité représentationnelle, via une proposition, c’est, une fois de plus, emprunter une voie analytique sans issue. En effet, les liens entre les termes de la logique et les liens entre les entités du monde ne sont pas de la même catégorie. « Il y a le monde et il y a les représentations du monde. Étant donné le monde et les représentations, vous avez les vérités[14] », souligne l’auteur dans un commentaire de ses positions. Comme le soutient en effet David Armstrong[15], dès lors que l’on a les vérifacteurs et les vériporteurs, la vérifaction est automatiquement fixée[16]. Aussi pourrait-on se demander – plutôt que de chercher à mettre le poids de l’explication sur la relation de vérifaction – ce qui fait qu’un vériporteur représente le monde comme étant d’une certaine manière.

Le sérieux ontologique apparaît donc avant tout comme l’attitude qui affirme que le langage n’a pas le privilège que lui confère l’idée qu’il y aurait une sorte de voile entre le monde et nous ; l’idée que nous aurions prioritairement, en philosophie, une enquête linguistique à mener. Non. C’est à l’ontologie d’avoir le premier et le dernier mot, car toutes les questions métaphysiques gravitent autour de ce qui est.


[1] à propos de la soi-disant mort de la métaphysique, on peut lire les ouvrages roboratifs de F. Nef : Qu’est-ce que la métaphysique ?, Paris, Gallimard, 2004 ; Traité d’ontologie pour les non-philosophes (et les philosophes), Paris, Gallimard, 2009.

[2] Pour une discussion approfondie des thèses soutenues par Heil dans cet ouvrage, voir M. Esfeld (dir.), John Heil : Symposium on his Ontological Point of View, Francfort, Ontos Verlag, 2006 ; G. Romano (dir.), Symposium on From an Ontological Point of View by John Heil, <http://www.swif.uniba.it/lei/mind/swifpmr/0620072.pdf/&gt;, SWIF Philosophy of Mind Review 6, 2007.

[3] Voir, dans la même collection, A. Varzi, Ontologie, trad. française de J.-M. Monnoyer, Paris, Ithaque, 2010.

[4] Le sérieux est, en l’occurrence, un précepte d’honnêteté philosophique qui consiste à dire quelque chose à propos de ce qui sous-tend la vérité de la thèse que l’on avance – à propos de ce qui est. Autrement dit, le sérieux, qui est inhérent à tout projet philosophique, est la prise en compte du caractère incontournable de l’ontologie.

[5] Midwest Studies in Philosophy, XXIII, 1999, p. 34-60.

[6] The Nature of True Minds, Cambridge U. P., 1992.

[7] Du point de vue logique. Neuf essais logico-philosophiques, trad. française de S. Laugier (dir.), Paris, Vrin, 2003.

[8] Ce critère de l’engagement ontologique, ce qui permet d’ « être admis comme une entité c’est, purement et simplement, être reconnu comme la valeur d’une variable » Ibid., p. 40.

[9] « Nous recherchons les variables liées, quand il est question d’ontologie, non pour savoir ce qu’il y a, mais pour savoir ce qu’une remarque ou une doctrine donnée, la nôtre ou celle d’autrui, dit qu’il y a ; et c’est là un problème qui concerne proprement le langage. Mais ce qu’il y a est une autre question. » Ibid., p. 43.

[10] Voir la préface de l’auteur.

[11] Op. cit., C. B. Martin et J. Heil, p. 54.

[12] Cf. D. M. Armstrong, Truth and Truthmakers, Cambridge U. P., 2004, p. 5.

[13] Chap. 7, « Ce qui rend vrai ».

[14] Op. cit., Heil, 2006, p. 22.

[15] Op. cit., Armstrong, 2004, p. 9.

[16] Ibid., p. 22.


La métaphysique au Collège de France

22 avril 2011

claudine tiercelin-1

L’article « La métaphysique au Collège de France' » peut désormais être lu sur la nouvelle version du site : ICI.

Sur la situation de la métaphysique en France

24 mars 2011

Le site d’actualité des idées et de critiques des livres

nonfiction.fr

publie deux recensions d’ouvrages en métaphysique, ici et , preuve s’il en était besoin que la métaphysique contemporaine est bien vivante et un texte de Frédéric Nef sur la situation de la métaphysique en France. où il est fait, entre autres, une distinction entre « pop philosophie » et philosophie rigoureuse et où l’on parle d’une certaine « exception française » à l’encontre de la métaphysique.


Un « indispensable » en métaphysique : David Armstrong et les universaux

20 mars 2011

La métaphysique contemporaine doit beaucoup au philosophe David Armstrong et le livre que publient  les éditions Ithaque, traduction d’un ouvrage remarquable par sa clarté et l’étendue de son investigation, est l’occasion d’étendre l’influence d’une recherche qui n’a de cesse de rapprocher la métaphysique de la science. Dans Les Universaux, une introduction partisane, David Armstrong, alors en pleine maîtrise de ses positions, nous introduit au cœur d’un problème très ancien, qui n’est ni un pseudo-problème ni une réserve pour l’histoire de la philosophie, et qu’il revient à la métaphysique d’examiner : le problème des universaux.

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