David Armstrong, philosophe de l’esprit

 

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Le grand métaphysicien David Armstrong a publié en 1968, un livre intitulé A Materialist Theory of the Mind qui était, sans doute, le livre le plus important sur le sujet de l’esprit depuis celui de Ryle (1949).

L’analyse de l’esprit faite par Ryle, consistait à identifier l’esprit à des dispositions à se comporter. Alors qu’un événement ou un état peuvent être observables, une disposition ne l’est pas. Avoir une croyance est avoir une disposition, qui n’est ni un état ni une occurrence et qui n’est donc pas observable. Cependant, bien que les dispositions ne soient pas observables, les attributions de concepts de dispositions peuvent néanmoins être vérifiées. La vérité d’un énoncé d’attribution dispositionnelle peut, en effet, être évaluée comme une proposition subordonnée de condition du type « si…, alors… ». Ainsi, dire qu’un vase est fragile, selon Ryle, ne signifie rien d’autre que si il était frappé par un marteau, alors il se briserait. Les dispositions mentales seront alors traitées exactement de la même façon que les termes non mentaux et analysés en termes conditionnels.

Ainsi, à ne pas vouloir tomber dans l’erreur de catégorie, Ryle, sans sa stratégie anti-cartésienne, prendra un soin particulier et systématique à ne pas rechercher la vérité d’un énoncé d’attribution dispositionnelle au-delà d’un certain énoncé conditionnel.

Pour Armstrong, ce qui manque à cette analyse c’est la réponse à la question de ce qui, dans le monde, rend vrai un énoncé d’attribution propositionnel. Si Ryle, en phase avec la tendance anti-ontologique qui régnait alors à Oxford, ne vit nullement l’intérêt de penser en termes de vérifacteurs (truthmaker)1 pour justifier sa théorie, Armstrong, quant à lui, se mit en quête de la réponse ontologique.

Le raisonnement d’Armstrong consista alors à considérer que, ce qui pourrait rendre vrai une proposition conditionnelle au sujet du mental serait que son possesseur soit doté de certains pouvoirs causaux. Pour cela, il identifia les dispositions avec un état de l’objet à qui on attribuait justement de telles dispositions, un état qui était responsable de cette manifestation dispositionnelle, en l’occurrence pour le mental, un état du cerveau.

Le matérialisme de l’identité d’Armstrong, comme il le commente lui-même (1992, p. xiii), appartient à la seconde vague du matérialisme de l’identité, après Place, Feigl et Smart. Dans son livre Armstrong produit une analyse conceptuelle des concepts mentaux puis développe sa thèse qu’il intitule « théorie de l’état central ». Après cette analyse et après avoir présenté le béhaviorisme comme une forme incomplète de matérialisme, Armstrong écrit :

 

Maintenant nous devons examiner la seconde forme de matérialisme, le point de vue qui identifie les états mentaux avec des états purement physiques du système nerveux central. Si l’esprit est pensé comme ‘ce qui possède des états mentaux’, alors nous pouvons dire, selon cette théorie, que l’esprit est simplement le système nerveux central, ou, avec moins de précision, mais plus pragmatiquement, que l’esprit est simplement le cerveau. (Armstrong 1968, p. 73)

 

Ainsi, la version d’Armstrong de ce « matérialisme de l’état central » définit l’état mental comme un état physique du cerveau apte à causer un certain type de comportement. Autrement dit, l’état mental n’est autre que l’état qui occupe un certain rôle causal. D’aute part, Armstrong affirme que les sciences naturelles nous fournissent de bonnes raisons de croire que l’état qui joue un rôle causal dans la sensation de douleur, par exemple, n’est pas une sorte de modification qui se produirait dans une substance immatérielle, mais serait plutôt un état ou un processus neural.

La question qui se pose, alors, est celle de savoir si nos concepts d’états phénoménaux comme la douleur et autres sensations sont réellement des concepts d’états qui occupent des rôles causaux spécifiques ? Notre concept de douleur est-il seulement le concept d’un état qui est normalement causé par des lésions ou des meurtrissures dans nos tissus et qui normalement nous conduit à certains comportements de gémissements et d’évitements ? Est-ce que la recherche neurophysiologique empirique qui établit l’évidence entre l’activation de certaines zones neurales et un certain comportement doit nous conduire à la conclusion que la douleur est identique à ces états du cerveau ? Ne peut-on pas, en effet, concevoir, que la douleur puisse être éprouvée par des organismes radicalement différents des êtres humains ?

 

Références

  • ARMSTRONG, D.M (1968) A Materialist Theory of Mind, London: Routledge and Kegan Paul.
  • ARMSTRONG, D.M (2004) Truth and Truthmakers, Cambridge University Press.

1 C’est dans les années 50 que C.B Martin avança un principe central pour le réalisme en métaphysique : les vérifacteurs. Ce principe affirme que quand un énoncé concernant le monde est vrai, il doit y avoir quelque chose au sujet du monde qui le rend vrai. Pour Martin, il n’existe pas de porteur nu de vérité. Le dernier ouvrage d’Armstrong est justement intitulé Truth and Truthmakers.

 


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11 commentaires pour David Armstrong, philosophe de l’esprit

  1. LEMOINE dit :

    si j’ai bien compris l’essentiel de la « découverte » d’Armstrong c’est d’avoir compris qu’on ne pouvait pas penser sans cerveau!

    Bravo!

  2. Francois Loth dit :

    Les grecs anciens pensaient que le cœur était l’organe responsable des pensées et des sentiments. Mais c’est faux. Nous avons aujourd’hui de bonnes raisons de croire que le cerveau est concerné par notre vie mentale. Si on demande aujourd’hui à des personnes où ils pensent que se trouve leur esprit, ils pointeront leur tête. Mais est-ce que cela signifie que le l’esprit est où le cerveau se trouve ou pensent-ils que l’esprit est le cerveau ?

    La thèse d’Armstrong est une thèse philosophique. On peut effectivement ironiser à propos d’une thèse philosophique en se plaçant en dehors de la dispute, mais peut-être que l’enjeu de la thèse nous échappe.

    C’est, en effet, la science qui nous apprend qu’il existe des corrélations entre les occurrences mentales et les occurrences du cerveau. Armstrong, parce qu’il est philosophe ne construit pas ses théories en faisant des expériences empiriques.

    Ce que nous devons remarquer, à propos de cette corrélation, c’est qu’elle n’est pas connue a priori. Lorsque Descartes raisonne a priori, il ne peut découvrir ces corrélations. Ni Descartes, ni personne d’ailleurs. Il est, en effet, crucial pour comprendre l’enjeu de la thèse d’Armstrong, de comprendre que nous ne savons pas a priori qu’il existe un lien de corrélation entre des événements mentaux et les événements cérébraux. Lorsque nous montrons notre tête en parlant de l’esprit, c’est a posteriori. Nous le savons par une évidence empirique.

    En conséquence ce qu’Armstrong propose, en complétant le béhaviorisme, c’est une thèse ontologique qui affirme l’identité entre l’esprit et le cerveau, basée sur une identité contingente. C’est du sérieux donc !

  3. lOIC dit :

    je me retrouve dans la présentation d’Amstrong…
    En fait si l’esprit se trouve dans la tête et non dans le coeur ou ailleurs, il est probable que la réponse soit
    économique: Le cerveau est placé près des capteurs principaux qui nous mettent enrelation avec le monde extérieur (la vue et l’ouie)
    Cybernétique : les distance à parcourir par les informations receuillies doivent être les plus courtes possible (si le cerveau était dans le talon d’Achille le temps de transmettre l’information par le nerf optique entre l’oeil et le centre de commande et de déscisions serait trop long) tout comme dans un ordinateur on cherche à réduire la distance et augementer le débit entre le disque dur et le processeur

    Il ne doit pas pouvoir être possible de faire entrer des notions de comportements ou d’action absurdes (sauf en cas de grave dysfonctionnement, un suicide du à un grave choc émotionnel ou à une dépression profonde) dans la relation corps esprit. nous sommes des créatures logiques éprises de liberté…

  4. LEMOINE dit :

    J’ironise c’est vrai parce qu’il me semble certains présupposés ne sont plus discutables aujourd’hui (ils ne constituent pas des a priori comme vous l’entendez d’après Descartes mais sont fondés sur les acquis des sciences quand ce n’est pas tout simplement sur l’évidence).

    Ces présupposés sont les suivants :

    – Il n’y a pas de pensée sans cerveau. Et même si nous ne savons pas lier la pensée et les fonctions du cerveau, nous ne pouvons que constater que la science avance vers la compréhension de ce lien (il n’y a aucune possibilité ni aucune utilité à vouloir la devancer).
    – l’homme (l’enfant) trouve à sa naissance un monde fait de langage, de savoir et de culture (de pensée donc mais objectivée), de rapports sociaux et de conditions matérielles dont il ne pourra s’approprier qu’une partie au cours de sa vie
    – la société assure cette acquisition par la famille, l’éducation et la communication sous toutes ses formes (dont on pourrait dire qu’elle est la manifestation vivante de la pensée). Elle forge ainsi et forme les esprits de ses membres (le contenu de leur pensée, les modes de leur conscience de soi etc.) même si chaque individu garde une part de singularité qu’il parait impossible de réduire.

    A partir de ces présupposés pleinement matérialistes on peut sans doute construire quelque chose, je crois. En deçà, la réflexion tourne à vide comme semble l’illustrer la stérilité de toutes ces théories que vous nous exposez.

  5. Francois Loth dit :

    Réponse à Mr Lemoine

    Non, je ne pense pas que la réflexion philosophique et la métaphysique de l’esprit tournent à vide. La stérilité dont vous parlez émerge peut-être d’une confusion entre les finalités d’une science spéciale comme peut-être la psychologie, la linguistique ou la sociologie et la métaphysique. Les premières accumulent des données et tentent de les intégrer dans leurs théories, alors que la métaphysique, pour le dire en gros, s’occupe des concepts. Les concepts sont vivants et s’adaptent aux découvertes empiriques.

    Le travail en métaphysique n’est donc pas stérile et est aujourd’hui basé sur la paix entre les sciences empiriques et la philosophie. Les avancées dans les sciences empiriques couplées à certains changements conceptuels adéquats pourraient permettre de résoudre, par exemple, des problèmes difficiles comme ce que peut expliquer le mental et ce qu’explique le physique. Le résultat n’est pas assuré, mais c’est ainsi que la travail métaphysique se construit.

    La réflexion « stérile » qui « tourne à vide » ne sont sans doute pas les termes appropriés concernant un travail dans un domaine particulièrement fécond en philosophie analytique qui est celui de la philosophie de l’esprit ; domaine qui cherche à résoudre des problèmes comme ceux de la « causalité mentale » ou des « propriétés phénoménales » tout en cherchant à affiner certaines notions clefs, dont usent toutes les sciences spéciales, comme les « propriétés », les « objets », les « événements », etc.

  6. Francois Loth dit :

    Précision dans ma réponse à Mr Lemoine.

    Avant de parler de stérilité et de vide, il s’agit de saisir le problème philosophique. Le problème qu’il s’agit de comprendre est le suivant :
    Les concepts mentaux sont différents des concepts physiques. Par exemple, le contenu du concept d’eau est différent du contenu du concept H2O. Lorsque nous disons que l’eau est H2O c’est le fruit d’une découverte empirique. Cependant, eau et H2O ont la même extension, c’est-à-dire, qu’ils font référence à la même chose.
    De la même manière, le contenu d’un concept mental comme celui de douleur, qui se réfère à une stimulation de fibres, est différent du contenu du concept physique de la douleur.
    Ainsi, un concept mental n’a pas le même contenu qu’un concept physique mais possède la même extension qu’un concept physique.

    La position d’Armstrong est une position réductionnisme basée sur le modèle des identités scientifiques. Cette approche est une approche philosophique, résultat d’un argument qui est encore discuté aujourd’hui. La science impose-t-elle cette identité ? Sans doute que la science ne peut aller au-delà de la découverte de corrélations entre des types d’états mentaux et des types d’états physiques, le reste est une question philosophique.

    La philosophie analytique se développe autour d’arguments. Elle n’est pas une philosophie d’assertions rapides, mais est régulée par une communauté de recherches, qui à travers des articles dans de nombreuses revues (il est vrai surtout en anglais) discutent les arguments avec une précision et une volonté d’éclaircissement qui peut surprendre le lecteur habitué à la seule fréquentation d’ouvrages philosophiques n’appartenant pas à cette tradition.

  7. LEMOINE dit :

    J’ai effectivement beaucoup mal à comprendre l’objet de vos études. Ainsi, pour donner un seul exemple, votre distinction entre « concept physique » et « concept mental » me surprend et, en fait, je ne la comprends pas.

    Si je lis :
    « Versez 2 grammes de chlorure de sodium et un gramme de sulfate de soude dans une éprouvette »
    ou
    « Avant de servir ajoutez deux pincées de sel »

    Il est clair qu’on parle bien de la même substance mais que c’est le cadre du discours qui diffère. Dans le premier cas, je lis un passage d’un manuel de chimie et dans le second un conseil dans un livre de cuisine. Le premier discours s’adresse à des scientifiques, le second à une ménagère. Il ne sera pas possible de dire « versez 2 grammes de sel dans l’éprouvette » ou « ajoutez deux pincées de chlorure de sodium ». Chaque mot ou chaque concept a son domaine de validité.

    S’agissant de la douleur, il n’en va pas autrement. Je peux exprimer une douleur telle que je la ressens ou décrire ce qui fait qu’une sciatique est particulièrement pénible à supporter. On ne parle pas de son ressenti avec les mêmes mots que ceux utilisés pour un exposé didactique sur la douleur et le contexte de ces deux discours sera différent. Le mot « douleur » s’il est commun aux deux discours aura bien un sens différent selon le contexte.

    Tout cela est connu et parfaitement clair. Il faudrait vraiment torturer les choses pour voir un problème là-dedans.

    Il en va tout autrement si vous voulez appeler la douleur quand elle est ressentie « un concept mental » et quand elle est expliquée « un concept physique » et que vous posez le problème d’une relation ou d’une corrélation entre le « concept mental » de douleur et un fait physique douloureux.

    On ne voit pas bien quel genre de relation il pourrait y avoir de l’un à l’autre sinon la même qu’il y a entre tout mot et l’objet qu’il désigne.
    Après tout, le discours sur la douleur ressentie peut bien évoquer une douleur présente, comme une douleur passée, ou même une douleur attribuée à un autre qu’on voit souffrir. De même le discours expliquant la douleur dans ses manifestations physiques peut s’adresser à quelqu’un qui souffre, être tenu par quelqu’un qui souffre ou être simplement abstrait et hors de tout contexte physique. Ce concept de douleur peut d’ailleurs aussi bien être employé dans un ouvrage de médecine datant de plusieurs siècles. Dans tous les cas il n’y a tout simplement aucune corrélation entre le mot et le fait puisque le fait peut bien être absent sans affecter le sens du mot pourvu que le cadre du discours soit clair. Ce qui importe pour saisir le sens du mot c’est donc bien le contexte ou le cadre du discours et non la proximité plus ou moins grande d’un fait douloureux. Mais cela n’est pas rendu par les notions de « mental » ou de « physique ».

    D’ailleurs, pourquoi parler de « concept mental » pour une douleur ressentie ? Il y a pourtant plus d’activité mentale dans un discours explicatif sur la douleur que dans une plainte. Tout homme quelque soit son niveau d’éducation saura exprimer une douleur ressentie mais seuls quelques uns ayant développé des compétences particulières pourront parler des mécanismes de la douleur.

    La notion de « concept mental » paraît donc assez confuse et le problème auquel elle se réfère tout simplement mal posé ou sans objet. J’imagine donc que je ne dois pas être seul à rester perplexe face à cette notion et la théorie où elle se situe.

  8. Francois Loth dit :

    La question/objection qui se pose au sujet de la théorie de l‘identité est la suivante : le type mental n’est-il qu’un type physique ? Ce n’est pas seulement une question de sens des mots ou de discours sur la douleur.

    Si l’on prend le cas de la douleur, comme paradigme de ce qu’est un état mental, la question devient : le type mental de la douleur n’est-il qu’un type physique ?

    On peut identifier la propriété mentale d’éprouver une douleur à l’aide de certains marqueurs :

    i) La connaissance directe que l’on a de la douleur. On n’a, en effet, pas besoin de passer par une évidence pour savoir que l’on éprouve une douleur. Evoquer une douleur passée, n’est pas ressentir une douleur.
    ii) L’accès à la première personne. Vous seul éprouvez cette douleur. Votre position est privilégiée par rapport à l’observateur.
    iii) Caractère infaillible. Vous ne pouvez pas vous tromper quant à savoir si oui ou non vous faites l’expérience d’une douleur. Autrement dit, même si les conditions de la douleur ne sont pas réunies, si vous croyez que vous avez une douleur, cela implique que c’est vrai que vous avez une douleur. Une douleur sans cause physique est possible.
    iv) La conscience accompagne la douleur. A l’inverse de (iii), si les conditions physiques de la douleur sont réunies, il se peut que vous n’éprouviez pas la douleur.

    Ces marqueurs épistémiques sont discutables. Néanmoins, ils montrent que le mental se distingue du physique. Il existe d’autres marqueurs du mental, tous discutables, comme la non spatialité ou l’intentionnalité.

    L’enjeu du problème n’est plus aujourd’hui d’affirmer que la douleur serait un mode de la substance cartésienne non étendue. On reconnaît que l’événement d’éprouver une douleur est aussi un événement cérébral. On parle d’identité des occurrences ou des exemplaires (Token Identity). Cependant, une discussion s’articule autour de la question des propriétés phénoménales de la douleur qui seraient irréductiblement mentales. (Voir J. Kim en particulier).

    Le contenu du concept de sel se distingue du contenu du concept de chlorure de sodium.

    Le contenu du concept de douleur se distingue du contenu du concept d’activation de fibresC.

    Si on peut affirmer l’identité entre le sel et le chlorure de sodium, peut-on affirmer l’identité entre la douleur et l‘activation de fibres C ? C’est l’enjeu du débat qui dépasse la science. C’est pour cela que c’est une question métaphysique.

  9. LEMOINE dit :

    Si je vous ai compris cette fois, les choses me paraissent relativement simples :

    La souffrance peut s’éprouver selon différents niveaux conscience dont les plus élevés ne peuvent être atteints que par les êtres vivants les plus développés.

    – le premier niveau serait celui où la perception de la douleur accompagne un acte réflexe de fuite. A ce niveau la conscience a pour fonction de rendre la réaction vitale plus efficace

    – le second serait celui où l’expérience de la douleur permet la mise en œuvre d’actions d’évitement des situations douloureuses. Cette expérience a donc un retentissement différé (par la mémoire par exemple). La conscience à ce niveau a pour fonction de rendre le comportement plus performant. (comportement et non plus réaction donc)

    – le troisième serait celui où l’être est capable d’exprimer sa douleur et de mettre en garde des congénères. A ce niveau la conscience est une fonction partagée par le groupe avec tout ce que cette capacité à s’organiser en groupe social comporte d’avantage évolutif.

    Le niveau de développement cérébral exigé par chaque niveau irait donc croissant et ne pourrait pas être réduit du complexe au simple. Au niveau le plus élevé, chez l’homme, conscience et langage se confondent.

    Pour parler comme vous, à chaque type mental devrait donc correspondre un type physique. On ne voit pas comment il pourrait en être autrement même si l’homme au niveau du langage peut avoir l’illusion que sa conscience est quelque chose d’immatériel. Simplement, plus le type mental est complexe plus le type physique devrait l’être.

    Il me semble que la complexité croissante s’accompagne d’effets de seuils, de sauts qualitatifs (qui permettent éventuellement de parler d’émergence et qui en tout cas interdisent la réduction). Au premier niveau, il paraît tout à fait justifié de parler d’identité entre la douleur et l’activation des fibres. Au troisième niveau, la question n’a plus de sens puisque la sensation de douleur peut être l’effet d’une suggestion.

    Maintenant qu’on puisse dire quelque chose à ce sujet en restant à un niveau purement théorique, sur la base uniquement de concepts ???

    Ce serait ce que vous essayez de faire…..

  10. Dolcu Emilia dit :

    En matière d’analyse de l’esprit, la démarche de Ryle comme celle d’Armstrong (dans votre présentation) semblent s’inscrire dans une voie que j’appellerais royale.
    Analyser les dispositions, qui ne sont pas observables, à la façon des événements observables, en termes conditionnels, est un pas important dans le combat pour les « droits » des dispositions.
    Armsrtong, qui identifie les dispositions à des à états physiques et leur attribue des pouvoirs causaux, fait un pas en avant dans la voie ouverte par Ryle, avec, en plus, le souci de trouver dans cette voie une réponse ontologique.
    Je voudrais, à travers un exemple, revenir sur l’idée de disposition ou, dans la conception D’Armstrong, d’état.

    Disons qu’un individu veut dormir mais qu’en même temps il veut finir son travail. S’il se couche, il dira qu’il a voulu finir son travail mais qu’il n’a pas pu le faire. S’il finit son travail, il dira qu’il a eu de la volonté.
    En réalité, l’individu s’est couché parce que son besoin de dormir était plus fort que le désir de finir son travail et il a fini son travail parce que son désir de le finir était plus fort que son besoin de dormir.

    Je pense aussi qu’à nos dispositions correspondent des processus neuraux. Je pense aussi que nos dispositions nous disposent à nous comporter d’une façon plutôt que d’une autre, qu’elles jouent des rôles causaux.
    Mais lorsque de 2 dispositions c’est la plus forte qui l’emporte, que peut-on dire du rôle causal de la disposition la plus faible ?

  11. Narcisse dit :

    JE DEMANDE UNE AIDE SUR MON SUJET DE THèse: l’atomisme logique chez Russell et Wittgenstein.

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