La métaphysique au Collège de France

claudine tiercelin-1

L’article « La métaphysique au Collège de France' » peut désormais être lu sur la nouvelle version du site : ICI.
Publicités

4 Responses to La métaphysique au Collège de France

  1. harang dit :

    Cher François,
    J’espère pouvoir lire cet ouvrage de métaphysique et suivre la vision-conférence du discours inaugural.
    Amicalement,
    Laurence

  2. Monisme ou pluralisme ontologique ?

    Un certain Carnap défendait en 1950 une sorte de relativisme ontologique : toute science, comprise comme un discours interne, engage l’existence des entités auxquelles elle réfère. Ces entités existent relativement à un discours. Le discours externe, contrairement au discours interne, s’interroge sur l’existence « simpliciter », « en soi », indépendamment de tout discours de référence.

    Par exemple, si les électrons existent selon la physique, est-il vrai que les électrons existent tout court ? Pour Carnap on peut répondre par la positive, mais nous sommes alors dans l’ordre pragmatique et non cognitive : la physique nous est utile, et il est donc pratique d’accepter les entités qu’elle postule. Mais dans une visée de connaissance, il n’y a pas de sens à affirmer que les électrons existent. Ceci est l’ancêtre de la position contemporaine appelée pluralisme ontologique. Selon cette position, lorsque l’on fait de l’ontologie, il ne faut pas s’interroger sur le fait de savoir si une entité X existe ou n’existe pas, mais s’interroger sur sur le type d’existence qu’instancie X. En d’autres termes, il n’y aurait pas une ontologie fondamentale, dont le métaphysicien devrait faire l’inventaire, mais une pluralité d’ontologie incommensurables.

    Le monisme est la position contraire, qui s’interroge dans la tradition classique, sur l’existence ou non de certaines entités, en présupposant l’unicité de l’ontologie. Dans les débats contemporains, la plupart des métaphysiciens sont monistes, mais il est intéressant de noter que la métaphysique analytique a introduit la question du relativisme dans l’ontologie elle-même. Mon idée n’est pas ici de défendre le pluralisme (je suis un moniste convaincu), mais de répondre à l’objection de naïveté qui est parfois adressée aux métaphysiciens. La métaphysique contemporaine inclue le domaine de la méta-métaphysique, de la méthodologie de la métaphysique. Ainsi avoir des critiques à l’égard de la métaphysique, c’est déjà se placer sur le terrain de la méta-métaphysique. Il semble incohérent d’être hostile à la pratique métaphysique en bloc. Il est plus pertinent de critiquer la mauvaise métaphysique au profit de la bonne métaphysique, ce qui implique de répondre à un certain nombre de problèmes méthodologiques pour déterminer la nature de cette bonne métaphysique.

    Certains métaphysiciens sont très axés sur l’ontologie sur sens commun (par exemple Achille Varzi qui s’intéresse à la manière dont on conçoit naturellement les lieux, les adresses des lieux, ou encore un trou), d’autres sur l’ontologie engagée par les sciences contemporaines (qui va tenter de générer une image de la réalité en accord avec la physique quantique et la relativité, ou même avec les sciences spéciales, s’ils accordent une certaine autonomie ontologique à ces dernières).

    Bref, il ne faut pas voir le domaine de la métaphysique analytique comme un champ uniforme : de manière assez saine, il est rempli de tensions, d’oppositions. Il n’y a pas d’accord universel sur la manière de faire de la bonne métaphysique.

    Références :

    La section Philpapers sur le sujet : http://philpapers.org/browse/ontological-pluralism .

    L’article de Carnap :
    « Empiricism, Semantics, and Ontology » (1950), Revue Internationale de Philosophie 4 (1950): 20-40. Reprinted in the Supplement to Meaning and Necessity: A Study in Semantics and Modal Logic, enlarged edition (University of Chicago Press, 1956).
    http://www.ditext.com/carnap/carnap.html

    Matti Eklund (2009). Carnap and Ontological Pluralism. In David John Chalmers, David Manley & Ryan Wasserman (eds.), Metametaphysics: New Essays on the Foundations of Ontology. Oxford University Press.

    Jason Turner (2010). Ontological Pluralism. The Journal of Philosophy 107 (1).

  3. Essengue dit :

    Cet « aspect incontournable » semble bien proche de qu’elle présentait déjà « la voie de l’analyse conceptuelle par intuition des cas possibles », pour poser ce sérieux de l’entreprise métaphysique au sein de la pensée analytique dans le cut d’arriver à une explication des questions forgées dans ce qu’elle désigne par « termes d’un ensemble de termes » eux-mêmes liés à des concepts fondamentaux, dans le but de rendre vraies des questions forgées dans un autre ensemble constitué de termes et de concepts dits moins fondamentaux. Cf. C. TIERCELIN, « La métaphysique et l’analyse conceptuelle », in Revue de Métaphysique et de Morale, « Métaphysique et ontologie : perspectives contemporaines », N° 4, octobre-décembre 2002, p. 459.

  4. Anthony LC dit :

    La métaphysique vivante c’est un contre-sens tout au mieux un oxymoron. Etrange pour un logicien formel.

    Après Bouveresse qui n’est jamais sorti du quartier latin avec son haut degré d’expérience.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :