Sur la situation de la métaphysique en France

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publie deux recensions d’ouvrages en métaphysique, ici et , preuve s’il en était besoin que la métaphysique contemporaine est bien vivante et un texte de Frédéric Nef sur la situation de la métaphysique en France. où il est fait, entre autres, une distinction entre « pop philosophie » et philosophie rigoureuse et où l’on parle d’une certaine « exception française » à l’encontre de la métaphysique.

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9 Responses to Sur la situation de la métaphysique en France

  1. Nycticorax dit :

    Le titre du billet m’a fait peur, j’ai cru un instant que la France avait une quelconque importance dans la métaphysique contemporaine. Heureusement, il ne s’agit que de traduction en français de philosophes analytiques de premier plan.

  2. Francois Loth dit :

    Comme l’écrit F. Nef à propos d’une certaine réticence française quant à la réception du projet métaphysique, celle-ci « s’est mondialisée et l’exception française ne pèse pas lourd. »

    Le rôle interdisciplinaire d’une discipline intéressée par la structure fondamentale de la réalité comme un tout est ce qui relie les chercheurs en métaphysique qu’ils soient Français ou d’un autre pays.

    • dit :

      Ci-joint le top d’un hit parade de notoriété réalisé auprès d’un panel de plusieurs centaines de grands noms de la philosophie mondiale. Il n’y a même pas un philosophe grec. Quelle honte ! Et pourtant, c’est le pays qui a donné le jour à la philosophie (Parménide, etc.)

      « 1. Ludwig Wittgenstein (Condorcet winner: wins contests with all other choices)
      2. Gottlob Frege loses to Ludwig Wittgenstein by 261–160
      3. Bertrand Russell loses to Ludwig Wittgenstein by 280–137, loses to Gottlob Frege by 218–156
      4. John Stuart Mill loses to Ludwig Wittgenstein by 280–135, loses to Bertrand Russell by 204–178
      5. W.V.O. Quine loses to Ludwig Wittgenstein by 291–150, loses to John Stuart Mill by 214–198
      6. G.W.F. Hegel loses to Ludwig Wittgenstein by 290–130, loses to W.V.O. Quine by 214–210
      7. Saul Kripke loses to Ludwig Wittgenstein by 314–138, loses to G.W.F. Hegel by 224–213
      8. Friedrich Nietzsche loses to Ludwig Wittgenstein by 290–117, loses to Saul Kripke by 209–207
      9. Karl Marx loses to Ludwig Wittgenstein by 359–95, loses to Friedrich Nietzsche by 254–138
      10. Soren Kierkegaard loses to Ludwig Wittgenstein by 358–124, loses to Karl Marx by 230–213
      11. Rudolf Carnap loses to Ludwig Wittgenstein by 345–90, loses to Soren Kierkegaard by 245–194
      12. John Rawls loses to Ludwig Wittgenstein by 379–80, loses to Rudolf Carnap by 212–175
      13. David K. Lewis loses to Ludwig Wittgenstein by 352–92, loses to John Rawls by 211–166
      14. G.E. Moore loses to Ludwig Wittgenstein by 362–59, loses to David K. Lewis by 188–152
      15. Donald Davidson loses to Ludwig Wittgenstein by 342–50, loses to G.E. Moore by 171–158 »

  3. Nycticorax dit :

    Certes, et c’est étonnant que les philosophes de ce pays soit à ce point obnubilés par l’image que leur compatriotes se font d’eux-mêmes. Quand je pense à la quantité exorbitante de temps et d’énergie dévolue à se taper sur l’épaule les uns des autres et à publier de mauvais ouvrages grand-public (i.e. Qu’est-ce que la métaphysique?, du même F. Nef) au lieu de travailler et de publier dans des revues sérieuses, i.e. avec évaluation en double-aveugle! Ça, ce serait vraiment « une preuve que la métaphysique contemporaine (en France) est bien vivante ». (D’ailleurs, ce serait quoi une métaphysique non-contemporaine bien vivante?…)

  4. Francois Loth dit :

    On ne peut, à mon avis, sérieusement pas dire de l’ouvrage de F. Nef Qu’est-ce que la métaphysique ? qu’il est « mauvais » comme vous l’écrivez – et de qualifier ce livre de non-travail ! Le livre en question est certes un objet insolite dans le paysage des ouvrages philosophiques et se distingue d’un article de revue « sérieuse » comme vous dites.

    Ce qui compte c’est ce que peut en retirer un lecteur et il me semble qu’à la lecture de ce livre, un lecteur curieux, se posant la question même du titre, y découvrira une richesse dans ce domaine de recherche qu’il ne soupçonnait pas et trouvera une multitude d’entrées dans des questions qui pourront peut-être le conduire vers des publications plus spécialisées.

    L’évaluation en double-aveugle d’un article est effectivement un procédé que l’on doit, me semble-t-il, défendre pour un compte-rendu scientifique. Cela n’empêche pas d’écrire des livres. Je vous signale, entre autres, le très bon livre de Nef ‘Les propriétés des choses’ et son traité d’ontologie.

    (Le procédé du double anonymat, quant à lui, lorsqu’il est utilisé – héron bihoreau alias Nycticorax – dans le commentaire d’un blog, pourrait consister à adopter un principe de non application de l’attaque ad personam.)

  5. Nycticorax dit :

    Pour clarifier:

    – Il n’y a pas d’attaque personnelle de ma part, simplement la qualification d’un ouvrage comme « mauvais »; qualifier un ouvrage de mauvais n’implique pas qualifier son auteur de mauvais philosophe, en l’occurrence;

    – Cette qualification repose sur ma déception eu égard à plusieurs défauts de cet ouvrage, que je peux résumer au slogan « Qui trop étreint, mal embrasse »;

    – Je ne qualifie pas cet ouvrage de non-travail; je dis qu’il y une propension chez certains philosophes français à perdre leur temps dans des travaux grand-public ou d’auto-légitimation, au détriment de la recherche élaborée dans le cadre académique et institutionnel de revues dites « sérieuses », si bien qu’entre l’histoire de la philosophie et philosophie proprement dite, de nombreux philosophes français investissent une partie de leur temps à faire de la paraphilosophie, i.e. à expliquer pourquoi la philosophie est une chose respectable et sérieuse;

    – Vous ne répondez pas à la dernière partie du point précédent; est-ce parce que vous considérez que ce n’est pas un problème ou parce que vous considérez que ce n’est pas le cas?

    – Personne ne dit qu’il est défendu d’écrire des livres; ce que je dis, c’est que si ces livres appartiennent au type que je décrivais deux paragraphes plus haut, i.e. si leur manuscrit n’est pas sélectionné selon une méthode en double-aveugle ou quelque autre méthode sérieuse, et si leurs auteurs sont de bons philosophes, alors ces philosophes dépensent une partie de leur temps en futilité, où la classe implicite de comparaison du terme « futilité » est celle des philosophes d’éducation et de tradition anglo-saxonne, chez qui les ouvrages grand-public sont sélectionnés selon cette méthode ou selon quelque autre méthode sérieuse et qui, par implication ou par simple coïncidence, sont largement supérieurs — ce qui explique peut-être pourquoi on préfère les traduire et les recenser plutôt que d’essayer de trouver de piètres contreparties originellement en français;

    – Je m’excuse pour les deux pluriels omis dans la première phrase de mon commentaire précédent

    • Francois Loth dit :

      Vous me contraignez là à une singulière conversation, car je dois vous avouer qu’en général je ne me soucie pas de ce qu’un philosophe devrait ou ne devrait pas faire. Je ne sais pas non plus ce que c’est pour un philosophe que de « perdre son temps » comme vous dites. Bref. Le livre de F. Nef Qu’est-ce que la métaphysique ? poursuivait un objectif, je pense, d’ouverture de la métaphysique en direction d’un public large, dans un pays, le nôtre, qui a du mal à s’ouvrir, au moins d’un point de vue institutionnel et médiatique, à la métaphysique (telle qu’elle est exposée dans la tradition analytique), et qui pouvait (et le peut encore) aussi intéresser un lectorat universitaire mais pas comme le ferait un article que l’on peut trouver dans Analysis ou dans Mind. Cela en ferait, selon vous, un « mauvais » livre car pas assez affuté comme doit l’être un bon article. Mon avis est que vous vous trompez de cible.

      Quant aux traductions de livres de métaphysique et des recensions qui en sont faites, elles sont tout simplement le résultat d’un constat que ces ouvrages, que certains enseignants et chercheurs ou certains étudiants avancés ont lu en anglais, méritent de trouver leur place dans la communauté francophone. C’est franchement le cas pour les deux derniers livres dont j’ai parlé dernièrement ici. Comprenez que lorsque l’on voit des ouvrages comme ceux de David Armstrong et de David Chalmers qui viennent d’être publiés dans un silence médiatique vraiment agaçant, et que l’on estime que ce sont là des événements pour la philosophie de langue française, chercher à en parler, écrire des recensions est quelque chose qui s’impose. Je ne comprends pas pourquoi il faudrait opposer cette partie du travail à l’activité de recherche qui ne pourrait produire que « de piètres contreparties en français ».

      Bien que l’on puisse considérer que la bonne philosophie soit prioritairement le fait de bons arguments et qu’elle n’a, au fond, qu’un rapport lointain avec son origine linguistique, il n’en demeure pas moins qu’elle se déploie dans un espace linguistique qui n’est pas forcément celui de l’anglais mondialisé. Si l’argument est bon et marquant qu’il soit estampillé d’origine française ou de langue anglaise ne compte pas.

  6. La blanche colombe dit :

    Sans prolonger les commentaires en fait assez stériles de cet oiseau du bestiaire médiéval, à moins qu’il ne s’agisse du héron nocturne de nos contrées que d’aucuns assimilent au corbeau noir de mauvaise augure, je voudrais souligner que l’excellence de lecture dite « en double aveugle » a aussi ses limites, bien connues et dénoncées par certains de ceux qui la pratiquent. En effet dans les revues spécialisées dont la renommée, justifiée au demeurant, n’est plus à faire, les auteurs des articles soumis sont d’emblée reconnus tant les thématiques sont pointues et les thèses défendues par les uns et les autres connues de ce microcosme. L’anonymat n’est en fait qu’un secret de polichinelle. Reconnaissons que la méthode peut être bonne pour découvrir sans préjugé de nouveaux talents.

    Pour ce qui est du livre de Frédéric Nef sur la métaphysique je ne partage pas l’avis de l’auteur de ces commentaires. Je l’ai trouvé intéressant et utile. Et je ne pense pas que ce soit perdre son temps que de le lire et encore moins de l’écrire. Mais restons-en là.

  7. Nycticorax dit :

    « je voudrais souligner que l’excellence de lecture dite « en double aveugle » a aussi ses limites, bien connues et dénoncées par certains de ceux qui la pratiquent. En effet dans les revues spécialisées dont la renommée, justifiée au demeurant, n’est plus à faire, les auteurs des articles soumis sont d’emblée reconnus tant les thématiques sont pointues et les thèses défendues par les uns et les autres connues de ce microcosme. L’anonymat n’est en fait qu’un secret de polichinelle. Reconnaissons que la méthode peut être bonne pour découvrir sans préjugé de nouveaux talents. »
    1. La démocratie aussi a ses limites, ses limites sont simplement les moins contraignantes de tous les systèmes politiques connus. La limite que vous dénoncez paraît bien dérisoire eu égard aux risques d’amateurisme et de collusion que présente l’absence de cette méthode. Et comme vous le dites vous-même, dans le cas peu problable où l’auteur est identifiable, l’identification est opérée par des experts, dont l’intégrité intellectuelle n’est plus à démontrer.

    « Pour ce qui est du livre de Frédéric Nef sur la métaphysique je ne partage pas l’avis de l’auteur de ces commentaires. Je l’ai trouvé intéressant et utile. Et je ne pense pas que ce soit perdre son temps que de le lire et encore moins de l’écrire. »
    2. Personne ne dit que lire ce livre implique perdre son temps. Je pointais simplement un fait intéressant concernant les philosophes français qui, pour certains, consacrent une partie de leur temps à faire de la vulgarisation auprès du grand-public et à écrire des articles pour légitimer la philosophie analytique. Je n’observe pas cette tendance chez les philosophes analytiques non français et non anglo-saxons, qu’ils soient italiens, allemands, suisses, québécois, belges, polonais, croates, serbes, tchèques ou tunisiens. J’ajoute que cette tendance ne semble pas vraiment porter ses fruits si on se restreint aux revues grand public qui écrivent sur des publications philosophiques (Le Monde, Le Nouvel-Observateur, Le Figaro, Philosophie Magazine), et si on considère l’espace télévisuel accordé à ses publications et à leurs auteurs, et si on regarde le nombre de philosophes analytiques ayant un poste académique (à ce compte, Rennes, Paris et la Provence sembles plutôt isolées. En joignant ces considérations à la prémisse que la vulgarisation des philosophes anglo-saxons est souvent de meilleure qualité, j’en infère que, c’est, pour la plupart des cas, une perte de temps.

    3. Il n’est pas cohérent de prolonger en commentaire en disant « Sans prolonger les commentaires en fait assez stériles de cet oiseau du bestiaire médiéval, à moins qu’il ne s’agisse du héron nocturne de nos contrées que d’aucuns assimilent au corbeau noir de mauvaise augure ». Et il n’est pas très fair-play de laisser entendre que l’auteur du commentaire prolongé est « de mauvaise augure » et que ses propos sont « stériles » et ensuite d’ajouter « Mais restons-en là. » Cela ressemble un peu à dire « je vais vous critiquer, mais je ne veux pas entendre votre réponse ». Dommage.

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