La mort de David Armstrong

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Le 13 mai, le philosophe australien David Armstrong, dont il est souvent question dans ce site[1], est mort. Avec lui, la philosophie contemporaine perd un de ses plus grands philosophes et  la métaphysique naturaliste l’un de ses auteurs les plus puissants.

L’œuvre considérable de David Armstrong explore quantité de thèmes en métaphysique, épistémologie et philosophie de l’esprit. Défenseur du réalisme en métaphysique et du matérialisme en philosophie de l’esprit, David Armstrong a défendu une ontologie d’états de choses (states of affairs) qui constituent les vérifacteurs (truthmakers) de nos énoncés à propos de ce qui est. L’influence centrale de David Armstrong ainsi que celle de David Lewis marque le renouveau de la métaphysique au XXème siècle.

Peu traduit en Français mais avec de belles exceptions, l’œuvre d’Armstrong est importante. Son livre publié en 1968, A Materialist Theory of the Mind fait de lui, avec Jack Smart et Ullin Place, un pionnier de la position matérialiste en philosophie de l’esprit. « Nos états mentaux sont identiques avec nos états du cerveau », telle est la façon radicale de répondre au dualisme de Descartes. Cette réponse va de pair avec la compréhension scientifique que nous avons aujourd’hui du cerveau. Le livre d’Armstrong, avec les contributions de Smart, Place et Feigl, introduit un débat en philosophie de l’esprit qui se poursuit encore aujourd’hui.

Dans sa philosophie de l’esprit, Armstrong parle de propriétés, de lois, d’événements et d’états de choses. En bref, il réintroduit et prend au sérieux des entités de la pensée humaine qui avaient eu tendance à tomber en désuétude. En publiant dix ans après son ouvrage de philosophie de l’esprit, Theory of Universals,  il fait revivre un point de vue réaliste au sujet de ces entités et de leurs instances. Progressivement il étend cette idée au sujet des lois et dans, peut-être son livre maître, A World of States of Affairs (1997), il expose un système métaphysique analytique qui synthétise toute sa pensée. Il examine les propriétés, les relations, les nombres, les classes, les dispositions, les causes, etc. et fait des états de choses les constituants fondamentaux du monde. Enfin, en 2004, poursuivant sa tâche métaphysique, il publie Truth and Truthmakers, traité dans lequel il soumet au lecteur une explication entre la vérité et ce qui rend vrai cette vérité.

En Français, le livre Les Universaux, une introduction partisane, (Ithaque 2010) est sans doute la meilleure introduction à la métaphysique analytique car il permet au lecteur, en plus de se faire une idée à propos de l’antique problème des universaux, de cartographier l’ensemble des positions que l’on est susceptible d’adopter au sujet de la nature des propriétés, des relations et des particuliers qui constituent pour le réaliste, la structure du monde.

On trouve, chez Vrin, en 2004, une importante introduction intitulée « Le réalisme et l’école australienne de philosophie » écrite par Jean-Maurice Monnoyer  qui précède un ouvrage dans lequel on peut lire trois textes de David Armstrong[2] ainsi que d’une kyrielle de philosophes australiens, anglais, américains et français, La structure du monde, objets, propriétés, états de choses.

Dans le les textes clefs de Métaphysique contemporaine, propriétés, mondes possibles et personnes, 2007, textes réunis par E. Garcia et F. Nef, un article d’Armstrong, « Les universaux comme attributs » ; et dans la revue de métaphysique et morale, sous la direction de J-M Monnoyer de F. Nef, 2002, « Vérifacteurs pour des vérités modales ».

Dans ce blog, la traduction  du texte de défense du matérialisme « L’illusion de la femme sans tête ».

* * *

[1] « Un « indispensable » en métaphysique : David Armstrong et les universaux »

« David Armstrong : pouvoirs causaux, lois, propriétés »

« Universalia in rebus : le réalisme de David Armstrong »

« Les trois David (Hume, Lewis, Armstrong) et la perception de la causalité »

« Une solution ontologiquement sérieuse : le fonctionnalisme d’Armstrong et de Lewis »

« David Armstrong, philosophe de l’esprit »

« La nécessitation contingente en question »

« L’unicité dans le multiple – l’extrémisme platonicien »

« Platon et les modernes : instancier un universel »

[2] « Vérités et vérifacteur », « Défense de la théorie des vérifacteurs » et « Théorie combinatoire revue et corrigée »

 

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2 commentaires pour La mort de David Armstrong

  1. C’est une véritable perte pour la communauté scientifique de l’École australienne, mais aussi pour tous les penseurs des états de chose et des modalités dont il a été un parfait défenseur entre autres.

  2. […] La Mort De David Armstrong May 16th, 2014 — “Le 13 mai, le philosophe australien David Armstrong, dont il est souvent question dans ce site[1], est mort. Avec lui, la philosophie contemporaine perd un de ses plus grands philosophes et la mtaphysique naturaliste lun de ses auteurs les plus puissants. Luvre considrable de David Armstrong explore quantit de thmes en mtaphysique, pistmologie et philosophie […]” 1 Comment […]

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