Soyons réalistes (demandons l’impossible ?)


Roue de bicyclette, Marcel Duchamp, 1913.

Le réalisme métaphysique est le point de vue qui soutient qu’il existe un monde d’objets et de propriétés indépendant de nos pensées, de nos discours et de nos schèmes conceptuels à son sujet. Ainsi, lorsque l’on adopte une position réaliste, on pense que l’existence du monde précède l’existence de nos esprits et que le monde continuera d’exister après eux. On distingue donc, lorsque l’on se réfère au réalisme, deux dimensions : l’existence et l’indépendance [DEVITT 1984, p13-15]. L’existence signifie qu’il y a un monde extérieur et l’indépendance, que ce monde n’a pas besoin d’être relié à quoi que ce soit : il existe en dehors de notre mental !

Le réalisme métaphysique affirme donc que le monde est une chose et que nos représentations en sont une autre. Pour M. Devitt, le réalisme métaphysique est une « doctrine irrésistible » et il n’existe pas d’argument qui pourrait nous contraindre à l’abandonner [DEVITT 2004, p. 424]. Chaque jour, au moins en ce qui concerne le monde observable ordinaire, nous en faisons l’expérience.

Notons qu’une personne peut être réaliste quant à l’existence et l’indépendance de certaines choses ou de types de choses et être antiréaliste à propos d’autres choses ou d’autres types de choses. Le réaliste à propos des propriétés, par exemple, considère que les propriétés sont des entités qui existent et qu’elles ont une nature indépendante de nos croyances. Le réaliste à propos des universaux pense que la sphéricité, par exemple, existe et que certains objets sont sphériques ou pas, en dehors des catégories ou de la perception des personnes qui l’affirment. De la même manière le réaliste métaphysique considère que le monde, ses parties et ses structures non-intentionnelles, existe et possède une nature indépendante de nos conceptions.

Si le monde (et ses parties) est de la manière dont il est, alors toute théorie à propos de la nature du monde est susceptible de décrire correctement ou non le monde. Il n’est donc pas nécessaire d’admettre que la description soit correcte pour un groupe et fausse pour un autre. Ce point de vue est celui de l’antiréalisme. Pour ce dernier, nous sommes plus ou moins empêtrés dans nos schèmes conceptuels. L’enquête que l’on peut faire sur la nature de la réalité ne peut pas, selon ce point de vue, être conduite simplement en explorant le monde lui-même. Si l’on veut déterminer comment les choses viennent influencer le résultat de notre enquête, il nous faut aussi explorer la nature de notre esprit ou de nos pratiques linguistiques. Le genre d’antiréalisme représenté par le relativisme culturel, par exemple, soutient que nous ne pouvons pas dire comment est le monde, mais qu’au mieux nous pouvons découvrir ce qu’il est pour nous ou pour les membres d’une communauté culturelle ou linguistique particulière. En conséquence, ce qui sera découvert par une communauté pourra  ne pas être la même chose que ce que pourra découvrir une autre communauté. L’idée qui préside à ce relativisme est que nous fabriquons un monde avec nos concepts.

On a longtemps opposé le réalisme à l’idéalisme. Mais l’idéaliste est-il un antiréaliste ? Selon Berkeley, s’il est problématique de poser l’existence d’une réalité indépendante de l’esprit, c’est que « la réalité perceptible se réduit à des idées sensibles particulières » [BERLIOZ 2000, p. 99]. Mais pour Berkeley, la nature immatérielle de la réalité ne signifie pas qu’il n’existe pas de monde en dehors de la description que nous en faisons.

Le réalisme métaphysique, selon H. Putnam, parce qu’il est illusoire d’accéder à un monde tout fait, nécessite la prise en compte d’un point de vue divin [PUTNAM 1981, p. 61]. En conséquence :

Les « objets » n’existent pas indépendamment des cadres conceptuels. C’est nous qui découpons le monde en objets lorsque nous introduisons tel ou tel cadre descriptif. [PUTNAM 1981, p. 64]

Cependant, bien qu’il se défende d’être un relativiste qui soutiendrait que tous les systèmes conceptuels se valent [1981, p. 66], la relativité conceptuelle, que Putnam promeut, exprime cependant bien qu’il nous est impossible de concevoir un monde existant objectivement en dehors de notre mental. Le face-à-face avec la réalité nous enfermerait dans nos catégories subjectives, mais ce face-à-face dessine-t-il une image conforme à notre position épistémique ? La position réaliste nous invite à penser que nous ne sommes pas face à la réalité, mais que nous en faisons partie. Certes, la relation entre la pensée et le monde s’exprime dans une grande diversité conceptuelle et culturelle et elle peut expliquer en partie la séduction du glissement relativiste. Mais le réalisme métaphysique est avant tout une thèse qui affirme que le monde existe de manière indépendante du mental et qu’il est comme il est, en dehors de nos conceptions. Un argument antiréaliste  doit donc diriger ses objections contre cette thèse. Pour l’heure, tant que nous ne comprenons pas comment nos activités de classification des choses concernant le monde pourraient avoir une influence sur la structure du monde, demeurons réalistes (demandons l’impossible ?).

Références

BOGHOSSIAN, P. 2006, Fear of Knowledge: Against Relativism and Constructivism, Oxford University Press, traduction française  Ophelia Deroy, La Peur du savoir. Sur le relativisme et le constructivisme de la connaissance, Marseille, Agone, coll. « Banc d’essais », 2009.

BERLIOZ, D. 2000, Berkeley, un nominaliste réaliste, Vrin.

DEVITT, M. 1984, Realism & Truth. Oxford: Basil Blackwell.

DEVITT, M. 2004, « Pourquoi il est si difficile de faire un monde », traduction française d’O. Massin dans Structure du monde, objets, propriétés, états de choses, Renouveau de la métaphysique dans l’école australienne de la philosophie, J. M. Monnoyer (éd.), Vrin.

POUIVET, R. 2008, Philosophie contemporaine, PUF (chapitre 4 en particulier).

PUTNAM, H. 1981, Reason, Truth and History, Cambrige University Press, 1981,traduction française A. Gerschenfeld, Raison, Vérité et Histoire, Les Editions de Minuit.

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14 Responses to Soyons réalistes (demandons l’impossible ?)

  1. Baptiste dit :

    Bonjour François,

    Une petite remarque par rapport au premier paragraphe. Lorsqu’on se demande si une chose est indépendante de l’esprit, il me semble que l’on a deux manières d’examiner cette indépendance.

    Premièrement en faisant varier la variable temps : affirmer qu’une chose est indépendance de l’esprit signifie alors qu’elle existe avant ou après l’existence d’esprits.
    Deuxièmement en faisant appel au possible : affirmer qu’une chose est indépendante de l’esprit signifie alors qu’elle existe dans un monde possible dénué d’esprits.

    Pour tester la dépendance ontologique d’une entité x envers une entité y, il faut examiner s’il y a des situations dans lesquelles on a y sans x.

    Exemple de la première façon : y avait-il des objets avant l’apparition d’êtres conscients ? Des atomes ou des étoiles par exemples ?

    Exemple de la seconde façon : dans un monde possible identique au notre sauf qu’il n’y a pas d’êtres vivants, est-ce qu’il y a des nuages ?

    • Francois Loth dit :

      Bonjour Baptiste,

      La thèse qui s’oppose à l’indépendance est d’abord celle de l’idéalisme. Il n’y a ni étoiles ni nuages, il n’y a que des idées qui dépendent de nos esprits.

      M. Dummett considère que le réalisme est avant tout une thèse sémantique. Le réalisme entretient un lien avec la vérité et la signification. Mais on se demander si le réalisme a quelque chose à voir avec la vérité.

      Les nuages sont des objets au contour flou. Avec ou sans esprit, il y a des molécules d’eau dans ce monde identique. Ce n’est pas parce que les nuages sont le résultat d’un découpage conceptuel relatif à nos intérêts (météorologiques) qu’ils n’existent pas ou qu’ils ne correspondent pas à la réalité. Certes les nuages sont des objets vagues. On peut trouver des molécules d’H2O qui sont moins condensées que celles qui forment le nuage juste à côté du nuage lui-même. C’est peut-être pour cela que le nuage a l’air d’être plus une construction qu’une étoile. Ce qui est sûr c’est que c’est une drôle de folie que de penser qu’il n’y eut aucun dinosaure ou d’étoile avant que quelqu’un ne fût là pour penser à eux.

      • Baptiste dit :

        A vrai dire j’avais en tête un autre débat d’ontologie matérielle (autre que celui du vague) qui concerne les conditions d’existence d’une entité. Le moniste considère que le tout est fondamental, et se pose alors la question suivante : dans quel cas la décomposition en objet se produit-elle ? Un moniste nihiliste vous répond jamais : seul le tout existe. Un moniste restrictiviste répond parfois : dans certains cas on a une décomposition, dans certains cas non. Il faut alors regarder au cas par cas, et voir si un nuage est une entité, une de ces parties spéciales du tout qui peuvent prétendre à une dignité ontologique d’objet. Un moniste universaliste vous répondra : la décomposition est le cas en toute circonstance. Vous pouvez prendre par exemple la l’hémisphère sud de la Terre et un verre d’eau dans l’hémisphère nord, et affirmer qu’il s’agit d’un objet. Toute manière possible de découper le tout recoupe un objet.

        A l’inverse le pluraliste considère que ce qui est primitif, ce sont les objets compris comme éléments de base. Il ne se pose plus alors la question de la décomposition, mais celle de la composition : dans quel cas, lorsqu’on prend deux objets, a-t-on un cas de composition ? Le pluraliste nihiliste vous répond jamais (on peut penser par exemple à un micro-physicaliste qui défend que ce qui existe c’est seulement les particules fondamentales physiques) et que les objets macroscopique ne devraient pas figurer dans l’inventaire ontologique du monde : ce sont de simples fictions utiles. Le pluraliste restrictiviste vous répond parfois (une table oui, une sélection arbitraire de d’objets de l’hémisphère sud et de l’hémisphère nord non par exemple). Le pluraliste universaliste défend que cela arrive en toute occasion : chaque sélection méréologique arbitraire est un objet.

        Pour le nuage je ne suis donc pas tout à fait d’accord. Dans la zone spatio-temporelle occupée par le nuage x, il y a quelque chose c’est certain. En prenant un cadre pluraliste, admettons que ce qui est fondamental ce sont les molécules d’eau. Un pluraliste restrictiviste pourra se demander : les nuages sont-ils des cas de composition ? S’il répond oui, il est en droit de se demander si la composition serait le cas dans un monde possible dénué d’être conscients. Bien sûr, les molécules d’eau (ou l’entité primitive que vous prenez dans la stratification ontologique) existeraient tout autant. Mais le nuage ? Y-a-t-il des nuages mind-independant ?

        Le découpage conceptuel relatif à nos intérêts recoupe-t-il une articulation naturelle de la réalité mind-independant ?

  2. Victor Lefèvre dit :

    « le réaliste métaphysique considère que le monde, ses parties et ses structures le monde, ses parties et ses structures non-intentionnelles, existe et possède une nature indépendante de nos conceptions. »

    Cet article n’évoque que furtivement les entités sociales dont l’existence dépend de nos représentations mentales (langage, monnaie, institutions,…) Qu’en est-il donc d’une position réaliste à leur sujet ?

    Existent-t-elles uniquement dans nos cerveaux sous forme d’influx nerveux ou ont-elles une existence objective hors de nos têtes (par exemple dans les objets qui les représentent : pièces de monnaie, textes écrits, etc) ?

    • Francois Loth dit :

      Le réalisme qui concerne les entités sociales exige que l’indépendance soit considérée d’une certaine façon. Néanmoins, la position réaliste est celle qui ne cherche pas à opposer le physique, pour lequel il peut apparaître que l’on puisse soutenir plus facilement une thèse réaliste, au social. Le réalisme dont parle le billet est principalement le réalisme métaphysique. Ce réalisme peut-il concerner la réalité sociale ? Si une position réaliste à propos des entités sociales nécessite une stratégie faisant intervenir de l’intentionnalité, elle cherchera néanmoins à s’interroger sur la relation entre les objets comme la monnaie, les documents qui sont matériels et leur existence sociale. Ce lien n’est-il que convention ? Peut-être pouvons-nous mieux comprendre la thèse antiréaliste à propos des entités sociales. Le critère d’indépendance pour cette thèse ne pourrait ici pas s’appliquer. L’antiréalisme serait ici constructionniste c’est-à-dire que les entités sociales ne seraient que constructions conceptuelles ou linguistiques. Une approche réaliste à propos du social serait celle qui chercherait à comprendre ce que peut bien être la nature ultime du social. Pour un constructionniste pur et dur, qui considère que les êtres physiques sont aussi des constructions, ce réalisme n’a aucun sens. Pour une mise à jour de ces questions relatives qui émergent à propos de l’ontologie du social je vous conseille la lecture du premier chapitre du traité d’ontologie de Frédéric Nef.

  3. Mael dit :

    Juste une question sur la roue de bicyclette de Duchamp :
    je ne vois bien ce qu’elle apporte comme illustration de cette article. Qu’est ce qui vous inspirait quand vous l’avez choisie pour parler du réalisme ?

    • Francois Loth dit :

      Ce qui m’a inspiré c’est qu’il s’agit d’un readymade. C’est en fait un clin d’oeil à ce que dit H. Putnam à propos du réalisme métaphysique qui serait le point de vue qui consiste à penser qu’il y aurait pour ce réaliste un readymade world.

      Reste que l’extraction d’un simple objet manufacturé qu’on déplace afin de l’installer dans un lieu social peut amorcer, voire ouvrir notre questionnement sur l’ontologie des oeuvres d’art par exemple.

  4. herve dit :

    Le passage du texte de Putnam qui laisse à penser que le réaliste métaphysique voit le monde comme un ready made est le suivant :

    « Selon celui-ci [i.e. le réalisme métaphysique], le monde est constitué d’un ensemble fixe d’objets indépendants de l’esprit. Il n’existe qu’une seule description vraie de « comment est fait le monde ». La vérité est une sorte de relation entre des mots ou des symboles de pensées et des choses ou des ensembles de choses extérieures. J’appellerai ce point de vue externalisme, parce qu’il adopte de préférence une perspective qui est celle du point de vue de Dieu. » (« Raison, vérité et histoire » , trad. fr. p. 61

    L’objection centrale de Putnam à l’externalisme pourrait être formulée ainsi : l’externalisme suppose que les objets du monde tel qu’il est en lui-même ont une constitution déterminée, indépendante de nos théories, qui rend celles-ci vraies ou fausses, or il est impossible de donner un sens à l’expression « constitution déterminée » indépendamment d’une théorie ou d’une description.

    Même si Putnam emploie de façon vague, à plusieurs reprises l’expression de « schème conceptuel », dont Davidson fera une critique impitoyable, pour défendre une position qu’il nomme « internalisme », il a tenu cependant à se démarquer du relativisme :

    « L’internalisme n’est pas un relativisme facile qui dit « Tout est permis ». Une chose est de nier tout sens à l’idée que nos concepts « renvoient » à quelque chose de complètement dégagé de toute conceptualisation. C’est tout autre chose de soutenir que tous les systèmes conceptuels se valent. Quelqu’un de suffisamment idiot pour penser cela n’a qu’à choisir un système conceptuel nous attribuant la capacité de voler, et sauter par la fenêtre ; il pourra ainsi se convaincre, s’il survit, de la faiblesse de ce point de vue. L’internalisme ne nie pas que le savoir reçoit des inputs de l’expérience ; le savoir n’est pas une histoire bâtie sur la seule cohérence interne. Mais l’internalisme nie qu’il y ait des inputs qui ne soient pas dans une certaine mesure influencés par nos concepts, par le vocabulaire que nous utilisons pour les rapporter et les décrire, ou qu’il y ait des inputs qui admettent une description unique, indépendante de tout choix conceptuel. Même les descriptions de nos sensations, point de départ chéri de notre savoir pour des générations d’épistémologues, sont profondément influencées — tout comme les sensations — par une foule de choix conceptuels. » (op.cit. , p. 66)

    Cette idée d’_influence_ de nos choix conceptuels sur les inputs, de découpage de la « pâte nouménale », selon l’expression même de Putnam dans « Un réalisme à visage humain », reste cependant problématique : elle implique à la fois que « quelque chose » du monde passe dans nos descriptions ET que nous le déformons, le modelons par nos concepts. Nos théories agiraient sur le monde, mais pas plus que la plasticité de sa glaise ne le permet.

  5. riviere dit :

    Les « inputs » sont-ils influencés par nos concepts? Grande question qui doit intéresser sans doute encore nombreux penseurs des diverses tendances des sciences sociales et humaines. « L’impression (Wirkung) d’un objet sur la faculté représentative, en tant que nous sommes affectés, est la sensation », écrivait Kant dans la CRP, dissociant ensuite ab initio la matière et la forme du phénomène. La réalité dénuée de toute matière (physique et mentale) serait-elle alors la réalité métaphysique ? Quelle serait alors sa substance ? Serait-ce une « substance symbolique » la plus pure possible (cf. Frege, Husserl), ou bien une substance conventionnelle, en partie liée à un vocabulaire plus ou moins ésotérique, celui des « ontologistes » ?
    On ne peut se satisfaire des résultats d’une sociologie culturelle permettant d’observer empiriquement l’articulation de l’individuel fini et de l’éternel infini. Mais, à l’inverse, le scepticisme ou le relativisme académique sont des approches philosophiques limitées, relevant de l’art de penser circonstantiel car essentiellement fondées sur la réflexivité spatio-temporelle. En évitant la réalité de l’évidence observable sans mesures, ni indices d’observation, on se « condamne » peut-être à « tourner en rond », ce qui apporte un certain bonheur, celui de la sagesse.

  6. Essengue dit :

    La doctrine du « World-making » de Devitt est-elle en contradiction avec les « preuves de l’existence d’un monde extérieur » de G.E. Moore? Quel rapport avec la perception du monde? Le réalisme dont il est question fait-il de la perception du monde une réalité donné ou construite par notre esprit (Mind)? Pour finir, quel(s) rapport(s) à la relation entre sujet et objet dans la révolution copernicienne de Kant?

  7. fatemeh dit :

    celui qui dit « il n’ y a pas de nuage, pierre etc mais des idées dans notre esprit. », s’il tombe une pierre sur son pied et qu’il va dire ouhh! on va lui dire que la douleur est une idee dans son esprit ou une construction du réel. et en outre avec le relativisme on va ajouter que (des gens) d’autres cultures à sa place, ne diraient meme pas ouuuuh!
    il faut distinguer entre la subjectiviter et constructivisme et idealisme. la subjectivité est compatible avec le realsiem. il s’agit pas d’une constructivisme mais une structura phénoménologique de la perception. l’un des aspect de la structure phénoménologique de la perception à part la temporalité, qualia, est la subjectivité.
    en outre, la subjectivité ca ne vaut pas dire qu’on intervient dans le réel ou dans le monde mais que nous sommes des êtres dans le monde. je n’ai pas le temps de clarifier les distinction mais il faut être très vigilent; S’il y a deux termes, est qu’il ne se confondent pas et on n’a pas le droit de les confondre.
    Même MacDowell qui est pour les concepts et dit que l’expérience est toujours saisie à l’aide des concepts et il n’y a pas de sensation pure, n’est pas idéaliste. il considère qu’il y a les sens , les faits ou l’espace de la naturalité mais il y a aussi l’espace de la raison et conceptualité. il veut harmoniser ces deux espace. Il dit la naturalité est plein de conceptualité. (il faut être sceptique à propos des thèses de J. Fodor et H. Putnam). la thèse de constructivisme pure et la relativisme culture extrême s’approche à un versant du conflit des cultures ou civilisation et hiérarchisation de la rationalité et d’autres versant moderne ou postmoderne de hiérarchisation. car il ne faut ps croire que le relativisme est une notion de tout se valent. Et heureusement.
    le constructivisme faible n’est pas incompatible avec le réalisme métaphysique. Bien sur on construit épistemologiquement le réel toujours d’une manière et d’une autre mais cela ne signifie pas que le réel en soi independent de nos construction n’existe pas. peut être même son existence est la condition de ces constructions.

  8. fatemeh dit :

    ce que sont les chose est une chose et ce que j’en pense d’elles , une autre. il y a le réel et le monde et ses choses et il y a moi comme une chose dans le monde et qui a une capacité perception; cette perception a une structure qui a de multiples aspect, entre autre la subjectivité. Donc moi et vous nous n’allons pas avoir même perception d’une chose. mais cela ne veut pas dire que comme nous avons plusieurs perceptions, alors il y a plusieurs chose et non une seule, donne de différent façons à chaque humain ou à chaque perception.

  9. fatemeh dit :

    je voudrait just ajouter que la dimension subjective de la structure de la perception n’empêche pas l’accès à l’objectivité et du réel. pour quoi? car au niveau individuel il y a variation eidétique ou expérimenter une chose de plusieurs manière qui constitue une première correction et puis il y a inter-subjectivité qui est la méthode d’approcher le réel. par ex , quand il y a consensus intersubjective entre différents labo sur une chose du monde.

  10. Jean-Louis Poirier dit :

    Plus nous coupons les cheveux en quatre, et moins il reste de cheveux.Il en va de même pour nos analyses perceptives ou conceptuelles. Biologiste de formation je demeure émerveillé par la puissance analytique du génotype/phénotype,et du soi/non-soi en immunologie. J’ai formulé il y a longtemps qu’il existe une très grande analogie entre les couples être/exister et génotype/phénotype. L’être est, et il se déploie dans le temps et/ou dans l’espace où son apparition révèle son ou un de ses phénotype(s).Les « existants phénotypiques  » constituent les phénomènes matériels concrets et/ou réels spirituels. Notre existence est le déploiement de notre être incarné dans le temps lors duquel nous advenons au monde phénoménal dans lequel nous allons croître.
    Sur l’ontologie de l’art, je n’ai pas de réponse à la question : Existe-t-il un « être de l’art « , ou pour atterrir, qu’est-ce qu’un objet d’ art ? où l’art niche-t-il dans l’objet ?
    Je ne vais pas beaucoup plus loin que vous, car l’exemple du « lavabo » de Duchamp nous apporte un élément de réponse. Allons voir l’ensemble des lavabos proposés à la vente. Ce sont des lavabos, des objets physiques. Achetons et emmenons cet objet dans notre salle de bain. Là nous constatons que notre choix se révèle inapproprié. Nous nous débarrassons du dit lavabo, et il devient un déchet. Il est enfin récupéré par un artiste qui expose l’objet dans une pièce de préférence vide et blanche, qui se trouve être la salle d’exposition des « ready-made » du Musée d’Art Contemporain. L’être de notre objet n’a pas changé, son phénotype si.Il est passé par plusieurs existences : lavabo, déchet, et oeuvre d’art ! Pour en revenir à notre propos sur l’art,et à travers cet exemple, le minimum qui puisse se dire, c’est que l’être de l’art ne nous est accessible qu’à travers son existence elle même conditionnée par son environnement, et le regard de l’observateur.Il s’agit de l' »existant » de l’art.
    Il est tentant de répondre que l’art n’est pas substanciel.

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