Le principe de la pertinence des propriétés mentales

 

63.jpg81.jpg

 

Lorsqu’en raison d’une incompatibilité avec notre métaphysique de la causalité, nous repoussons le dualisme des substances, nous ne faisons que déplacer le problème de l’interaction causale entre le corps et l’esprit.

Pour expliquer comment l’esprit et le corps interagissent causalement, on considère alors un dualisme des propriétés. Par ce moyen, en permettant aux possesseurs de propriétés mentales d’être aussi porteur de propriétés physiques, on espère éviter le problème de l’inintelligibilité causale auquel nous conduit le dualisme des substances. En effet, le dualisme des propriétés, dont il est question dans le débat contemporain sur la causalité mentale, ne s’enracine pas dans un dualisme des substances, mais repose sur une image métaphysique du monde ne contenant qu’une seule substance physique. Ainsi, certains éléments du monde, les pierres par exemple ne peuvent s’élever à la possession de propriétés mentales. Cependant, certains éléments, situés relativement haut dans la hiérarchie de ce monde stratifié, peuvent posséder deux genres de propriétés : des propriétés physiques et des propriétés mentales. Le dualisme des propriétés est donc un monisme (une seule substance) permettant à deux genres différents de propriétés d’être exemplifiées ou co-exemplifiées par le même possesseur. Je peux avoir une masse de 80 kg (propriété physique) et croire que Sarkozy est président de la république (propriété mentale). Pour le dire d’une manière générale, une chose possédant des propriétés mentales possèdera nécessairement des propriétés physiques.

Ainsi lorsque l’on soutient que les causes mentales produisent des effets physiques, nous parlons de la pertinence des propriétés mentales dans la relation causale. Cette pertinence causale signifie que c’est en vertu de l’existence de certaines propriétés, en l’occurrence des propriétés mentales, qu’une certaine cause produit un certain effet.

Le monisme des substances vient alors modifier les relata de la relation causale. Ce ne n’est plus, en effet, la substance non étendue qui entre en relation avec la substance matérielle, mais l’instance de la propriété mentale qui entre en relation avec l’instance de la propriété physique. Cette modification des relata, imposée par l’abandon de la thèse cartésienne, nous fait alors considérer que l’esprit cause le comportement en vertu de ses propriétés mentales. Prenons un exemple :

La douleur ressentie à la tête par la personne X, à l’instant t cause son déplacement vers l’armoire à pharmacie à t + 1.

Dans cet exemple, c’est un événement qui s’est produit à un instant précis qui en cause un autre. Cependant, une fois la cause identifiée, il nous faut rechercher la propriété responsable de cette cause. Le particulier X à t possède un grand nombre de propriétés, comme par exemple d’avoir une masse de 80 kg ou de croire que Sarkozy est président de la république. Cependant, seule l’instance de la propriété d’éprouver une douleur à la tête, peut être considérée comme causalement pertinente pour l’effet qui le fera se déplacer vers l’endroit où se trouve l’aspirine. C’est, en effet, en vertu de la possession de certaines propriétés qu’une cause est agissante. Autrement dit, chaque cause d’un effet possède un grand nombre de propriétés, mais parmi cet ensemble de propriétés, un grand nombre d’entre elles ne jouent aucun rôle dans la relation causale.

On peut donc poser un principe qui affirme que lorsqu’un état mental cause un état physique ou pour le dire plus précisément, lorsqu’un événement mental cause un état physique, il le fait en vertu de l’existence de propriétés mentales pertinentes.

Publicités

10 Responses to Le principe de la pertinence des propriétés mentales

  1. Bonjour François,

    La difficulté revient alors à identifier les propriétés pertinentes. Mais est-ce suffisant pour rendre compte d’un comportement intelligible ?

  2. Francois Loth dit :

    Bonsoir Laurence,

    Il est vrai que l’intelligibilité est ici restreinte à la seule recherche de la compréhension de la causalité mentale, en l’occurrence, la relation causale du mental au physique. Vouloir résoudre le problème de la causalité mentale, d’un point de vue ontologiquement sérieux, consisterait à parvenir à rendre compte de la place du mental dans le monde physique. Le résultat métaphysique d’une telle solution à propos du mental écarterait un certain nombre de menaces comme l’épiphénoménisme en particulier.

    Lorsque Davidson, par exemple, qui certes nous propose des causes mentales donnant de l’intelligibilité à nos comportements, à savoir les raisons, mais qui, d’un autre côté s’empresse à ne pas reconnaître l’existence de lois psychophysiques, disqualifie la pertinence des propriétés mentales.

    Ce que cherchera à faire une approche métaphysique du problème de la causalité mentale consistera à rendre compte de la pertinence causale des propriétés mentales. La thèse de Davidson, qui, en raison de l’anomisme retire toute force causale au mental, revient à couper celui-ci du monde causal. Pour lui, les propriétés mentales ne sont pas causalement pertinentes.

    (Je me permets cette réponse critique à l’encontre de la thèse de Davidson, car peut-être pensiez-vous, en usant du terme « intelligible » à la rationalité constitutive du mental que prône Davidson, qu’il avance comme la marque d’une différence cruciale avec le domaine physique. Je « prône », quant à moi, de ne pas abandonner le mental dans un monde sans cause)

  3. patrice.weisz dit :

    Bonsoir,
    il me semble effectivement qu’avant même de parler de la possibilité d’une causalité physique des propriétés mentales, il faut réussir à aménager une place de liberté au mental, à l’intérieur d’une représentation du monde purement physique, soumise à la dictature des lois de la physique. C’est le prix ontologique à payer pour que la volonté humaine puisse agir sur le monde. Une fois cette place trouvée, alors le mode d’action de la causalité mentale pourra être imaginé. Je crois que la solution peut résider dans l’introduction heureuse et récente du hasard dans toutes les sciences dures, qui laisse un marge de manoeuvre pour sortir de l’impossible déterminisme laplacien allant dans le sens contraire de notre intuition de la liberté de notre volonté.

    Si on analyse sur le plan neurologique, l’enchainement microsocopique des causes physiques faisant qu’à partir d’un stimuli de douleur, mon corps se dirige vers la boite à pharmacie, on ne trouvera scientifiquement aucun déterminisme absolu dans cet enchaînement.
    On y verra un processus physique en partie aléatoire, sans enchaînements « forcés ».
    A un moment donné, le hasard interviendra nécessairement pour expliquer telle ou telle configuration. Cela sur le plan de l’observation extérieure.
    Par contre sur le plan de l’explication intérieure, c’est moi qui décide d’aller chercher un médicament, et donc il n’y a aucun hasard ici, mais une action physique découlant logiquement de mon choix, de ma volonté, par nature finaliste.
    Tout est là : le mental peut agir dans le monde physique mais le résultat physique de son action ne peut pas s’analyser en tant que conséquence déterminée de façon certaine par l’état des causes physiques antérieures. Ce qui est donc analysé scientifiquement ici comme étant du ressort du hasard provient en fait de l’action du mental. Le principe de clôture est respecté, mais dans un univers indéterministe.
    Le mental peut donc avoir sa place dans le monde physique, à partir du moment où celui-ci est non déterministe.
    Car dans un monde indéterministe, l’apparition d’un évènement aléatoire peut être indiscernable d’avec l’apparition d’un évènement physique causé par notre mental, il peut donc s’agir du même phénomène pris sous deux points de vue différents.

    De plus et cela n’est peut-être pas un hasard, en physique quantique, c’est l’action de la conscience de l’observateur qui , par la mesure, réduit l’indétermination des états quantiques superposés, transformant un phénomène incertain en phénomène certain.

  4. Bonjour François,

    Oui; je reste une davidsonienne du mental !

  5. Francois Loth dit :

    Les propriétés mentales sont des propriétés possédées par des organismes. Ces propriétés sont complexes, c’est-à-dire qu’elles sont des propriétés d’objets complexes. On peut dire qu’une pierre, un arbre, un être humain, sont des objets ordinaires, mais pas des objets dans le sens strict du terme. Dans cette très brève présentation ontologique, on admet des « objets » et des « propriétés ». Certaines ontologies n’admettent que des propriétés (tropes).

    Les propriétés mentales ne sont possédées que par certaines entités au niveau macro. Les propriétés mentales ne peuvent pas être des propriétés d’objets microscopiques. La causalité mentale est une relation au niveau macro. Ce qui produit un événement physique, comme lever mon bras peut être produit par une instance de propriété mentale, un acte volontaire comme voter « oui » dans une assemblée, par exemple. C’est le statut de cette propriété mentale qui est interrogé. D’où tient-elle son pouvoir causal ? Quel lien cette propriété mentale entretient avec la base physique sur laquelle elle survient ?

    La propriété macroscopique d’être une sphère peut s’expliquer par la combinaison particulière d’éléments non sphériques. Etre sphérique confère à l’objet qui possède cette propriété, un certain pouvoir causal. Etre une propriété mentale c’est aussi conférer à son porteur des pouvoirs causaux. La question qui se pose est celle de savoir comment les qualités mentales pourraient être fondées dans des structures de particules qui les constituent. Pour certains philosophes (Joseph Levine – voir le billet de Pascal Ludwig sur son blog qui vient d’ouvrir : « langage, esprit, connaissance » – en lien ici) il existe un gouffre explicatif. Même si nous acceptons l’idée familière que les esprits sont d’une manière ou d’une autre dépendant des cerveaux, nous n’avons pas une idée claire de la nature de cette dépendance. Cette dépendance peut alors nous apparaître profondément mystérieuse. Cependant, ce mystère doit-il nous faire faire des choix anti-physicaliste ?

    Lorsque l’on suppose que les occurrences physiques sont, de façon ultime, des mouvements de particules élémentaires. Ces mouvements sont affectés par les mouvements des autres particules. Si nous imaginons une entité non physique interagissant causalement avec un système physique, nous aurons à faire à des mouvements de particules non produit par des mouvements des autres particules.
    L’autonomie du domaine physique ne doit pas se comprendre comme un argument a priori contre la possibilité de liens causaux entre les mental et le physique. Il est seulement un rappel qui nous demande de ne pas oublier que l’interaction entre un esprit non physique et un monde purement physique nous obligerait à repenser le caractère fondamental des lois de la nature et plus largement, de ce qui constitue notre monde comme un tout. Que certaines explications physiques doivent intégrer de l’indéterminé n’ouvre pas une brèche dans les lois de la nature, qui sont contrairement aux lois légales, inviolables.

  6. LEMOINE dit :

    Je ne comprends pas bien la notion de « gouffre explicatif » que vous attribuez à Pascal Ludwig.

    Je sais bien que la chimie, la physique, la biologie n’épuisent pas le réel. Mais c’est bien normal puisque aucune de ces sciences n’a pour objet le réel dans sa globalité. Le laboratoire du chimiste n’est pas celui du physicien, ni celui du biologiste et chaque science se donne un objet propre qu’elle explore avec ses outils et ses méthodes. Il n’existe pas et il ne peut pas exister de science du réel dans sa totalité puisque cette notion relève de la philosophie et non de la science.

    Poser au chimiste les questions du biologiste, ce serait lui demander de cesser d’être chimiste et imaginer une science qui serait à la fois la chimie, la physique et la biologie c’est supposer une science du réel dans sa globalité, c’est-à-dire une science impossible.

    Le gouffre, qu’il s’agit de combler, se situe donc nulle part. Il me semble qu’il est imaginé par le positivisme quand il suppose une hiérarchie des sciences calquée sur un ordre apparent des grandeurs et des complexités. L’idée de hiérarchie des sciences prend pour réel le découpage que l’intelligence fait des objets comme si une galaxie était une addition d’étoiles et de planètes ou comme si étoiles et planètes étaient des parties d’une galaxie alors qu’évidemment l’un ne se conçoit pas sans l’autre et ni les parties ni le tout n’existent l’un sans l’autre.

    On peut donc bien appeler propriétés les descriptions que font les sciences du réel. On aura donc des propriétés chimiques, physiques, biologiques etc. On peut aussi rapporter certaines propriétés à un objet qui serait l’esprit et d’autres à un autre objet qui serait le corps. Cependant vouloir établir une relation entre ces propriétés, n’est-ce pas vouloir jeter un pont sur ce gouffre imaginaire créé par le positivisme. N’est-ce pas vouloir franchir le « gouffre explicatif » ?

    Vouloir construire ce pont à partir de l’idée de causalité, n’est-ce pas être deux fois dans l’abstraction ? En effet, l’image donnée par Engels, de la cartouche qui fait long feu, le montre bien : au moment où elle est confirmée comme catégorie philosophique par l’examen pratique, la catégorie de causalité se dissout comme catégorie scientifique. Elle se résout en une myriade de causalités ou plutôt pratiquement en processus chimiques et mécaniques dont chacun nous ramène sur un côté du gouffre qu’on voudrait combler.

  7. Francois Loth dit :

    1) Non, non, je n’attribue pas la notion de gouffre explicatif (Explanaotory Gap) à Pascal Ludwig. Le terme est introduit par Joseph Levine et Pascal Ludwig dans un nouveau blog où le mot « esprit » est contenu entre « connaissance » et « langage », explique la notion et les enjeux.

    En bref, si d’un point de vue scientifique, on peut espérer que les phénomènes de la conscience doivent pouvoir recevoir une explication physique, la partie semble, pour Levine, loin d’être gagnée. Si dans certains domaines comme la biologie ou la chimie, par exemple, certaines analyses physiques peuvent rendre compte de certains phénomènes, certains philosophes arguent que l’explication physique de la conscience sera toujours incomplète.

    Certes, chaque science spéciale découpe des strates dans la réalité. En principe, les propriétés qui caractérisent une strate supérieure présupposent les propriétés de toutes les strates inférieures. Cependant, certaines propriétés semblent résister à la réduction. Les êtres vivants possèdent certaines propriétés comme la reproduction qui n’est pas une propriété possédée par les molécules, etc.

    La science physique qui est la science qui examine le niveau fondamental est complète. La chimie ou la biologie pour expliquer certains phénomènes doit recourir à des lois physiques.

    Cependant, si l’on peut raisonnablement bâtir des ponts entre la chimie et la biologie et la physique, les phénomènes de la conscience semblent y résister : c’est le gouffre explicatif.

    2) Les propriétés d’un point de vue que l’on peut nommer parcimonieux, ne sont pas les reflets des descriptions. Autrement dit, selon ce point de vue (qui s’oppose au point de vue des propriétés abondantes qui affirme qu’à chaque prédicat correspond une propriété), il existe des propriétés naturelles et elles sont moins nombreuses que toutes nos descriptions. Ce sont les propriétés qui nous permettent d’accorder une valeur sémantique à nos énoncés. Par contre, ce n’est pas parce qu’un énoncé est vrai qu’il existe une propriété correspondant à cet énoncé.

  8. patrice.weisz dit :

    Réponse à François :
    « Nous aurons à faire à des mouvements de particules non causés par d’autres particules ».
    Et bien oui ! De toute façon la causalité n’est pas un principe empirique mais méthodologique. Oser entrer en contradiction avec une croyance fondée sur aucune observation est sûrement plus scientifique que de la considérer comme un tabou sacré.
    il me semble que vous accordez trop de crédit à la physique qui est l’une des rares sciences s’accommodant sciemment du fait qu’elle ne comprend rien à la nature de son objet.
    Si la physique était « complète »causalement ,comme vous dites, les notions d’aléatoire, d’indéterminée, de hasard n’y seraient pas choses courantes.
    Si je ne peux pas prédire si c’est pile ou face qui va sortir, je ne peux pas prétendre comprendre comment fonctionne le monde ou prétendre que ma science est suffisante pour expliciter l’ordre de toutes les causes.
    L’indéterminisme n’existe pas qu’au niveau microscopique : il est à tous les niveaux, simplement au niveau macroscopique, la plupart du temps on le néglige.
    L’introduction de l’indéterminisme ne remet pas en cause les lois de la nature, mais les façons de penser le monde et les principes non empiriques issus historiquement d’une vision déterministe du monde.
    D’un côté il faut expliquer l’esprit et lui trouver une place causale dans le monde physique car la réalité du cogito est plus forte que celle des phénomènes dont la prégnance ne peut dépasser celle du rêve.
    D’un autre côté l’observateur est remis au centre de toutes les sciences qui en deviennent relatives et ont perdues toute prétention à l’objectivité.
    Quel sens aurait une science qui oublie de parler de ce sans quoi elle ne pourrait pas exister, c’est à dire la conscience ?

    C’est le fait que nous puissions être acteur du monde qui fait que la physique expérimentale peut exister, donc la réalité causale de l’esprit sur la matière, devrait faire partie de ses postulats fondamentaux et non être un sorte d’épiphénomène auquel on pense après coup et qu’il devient impossible à réintégrer sans tout chambouler…

  9. Francois Loth dit :

    Patrice,

    Quelques points, en désordre…

    1) La causalité dans le débat philosophique contemporain s’explique, pour le dire vite, par deux concepts principaux : la dépendance contrefactuelle et la production.

    2) Le physicalisme n’est pas un tabou sacré car le terme « métaphysique » dont il est question dans ce blog n’est pas transcendantal. Le rôle de la métaphysique est justement d’éclairer l’ontologie des objets et des propriétés que nous admettons dans notre monde. Disons que le point de vue développé, via ce blog ne considère pas la matière comme une fiction ontologique.

    3) Le déterminisme est une thèse métaphysique. La physique quantique est un modèle empirique qui décrit le comportement des particules. Que l’on ne puisse pas prédire les résultats des mesures physiques ne nous permet pas d’inférer que la théorie quantique est indéterministe. Bref, le modèle quantique ne contredit pas le principe de causalité ni le déterminisme. Le livre de M. Esfeld « Philosophie des Sciences : une introduction » (2006) délimite bien l’ensemble de ces problèmes.

    4) Le problème de la causalité mentale ne concerne pas seulement la question de savoir si des propriétés macroscopiques de milliers de neurones peuvent posséder des pouvoirs causaux qui surpassent les pouvoirs causaux des propriétés des neurones constituant cet ensemble, car ceci est un point évident, mais si ces pouvoirs causaux sont différents des pouvoirs causaux des propriété de la somme méréologique constituant cet ensemble.

    5) Ainsi, il ne s’agit pas ici de chercher une place pour l’esprit qui serait en contradiction avec les avancées de la science. Non. La métaphysique entendue ici, ne s’oppose pas à la science. Certes, si la science présuppose des observateurs et des observations, le rôle de la métaphysique consiste à chercher à construire une image unifiée, une image qui inclut le monde que décrit la science et qui inclut les observateurs et leurs observations, liés dans une ontologie sérieuse.

  10. patrice weisz dit :

    Bonjour et bonne année !
    concernant le point 3) :
    « le fait que l’on ne puisse pas prédire les résultats des mesures physiques.. » c’est pour moi la définition même de l’indéterminisme, ce qui n’empêche pas que l’évolution d’un système quantique soit en elle-même déterminée,… mais d’une façon inconnaissable !
    Il faut comparer les opinions de plusieurs personnalités sur ce sujet car il n’y a pas de consensus qui se dégage quant à l’interprétation de l’incertitude fondamentale liée à la physique quantique.
    Je pense que l’on touche ici avec l’indéterminisme, le coeur du problème de la causalité de l’esprit.
    Car à mon avis, la seule façon « compatible » avec la science de permettre à l’esprit d’agir sur la matière, c’est que son action soit associé sur le plan de l’explication purement physicaliste, à un processus d’apparence indéterministe, c’est à dire un processus dont la détermination physique ne peut pas être ni prouvé ni anticipé.

    Cette position non gourmande en hypothèses, me parait répondre à une logique élémentaire :

    L’existence axiomatique d’un esprit agissant dans le monde est un préalable nécessaire à la science, pour que celle-ci puisse y faire des mesures et des expériences. Car si nous ne pouvions être agent, toute science serait vaine et aucune théorie ne serait fondée sur des faits d’observation.

    En conséquence la science ne peut prendre en tant qu’objet d’étude l’un de ses axiomes qui la fonde. Il est donc illusoire de penser que la science réussisse à mesurer l’action de l’esprit.
    Je ne sais pas si des auteurs ont déjà étudié cette position ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :