L’esprit de la machine à café

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Une machine à café équipée d’un monnayeur délivre du café et rend la monnaie. En introduisant une pièce de 1 euro et en sélectionnant un type de boisson, la machine, réagissant à ces consignes d’entrée, se met en marche et délivre la boisson demandée.
Du point de vue du béhaviorisme, l’intérieur de la machine est une boîte noire. Du point de vue du fonctionnalisme, négligeant la constitution mécanique de la machine, l’intérieur de la machine remplit un certain rôle causal. Il existe une grande variété de machines à café à monnayeur ayant le même rôle causal. On peut donc dire que la propriété fonctionnelle d’une machine à café, qui est son rôle causal, est multiréalisable.

Lorsque je regarde la machine travailler, je peux dans ce qui pourrait apparaître comme une sorte d’excès de langage, dire que la machine « croit » que le café coûte 1 euro. En effet, lorsque j’introduis une pièce de 2 euros, non seulement, elle me délivre un café, mais en plus, elle me rend 1 euro. Alors, effectivement, la machine semble « croire » que le café coûte 1 euro. Certes, affirmer que la machine à café possède une croyance, revient à interpréter son état comme si elle était une créature semblable à nous. En effet, non seulement la machine croit que le prix du café est de 1 euro, mais parfois, on peut dire qu’elle a le désir de recevoir certaines autres pièces.

Bien sur, la machine à café n’est pas comme nous. Son comportement est gouverné par de simples mécanismes. Imaginer que réellement la machine possède des croyances et des désirs, serait confondre, la métaphore avec le sens littéral. Cependant, c’est le point de vue de Daniel Dennett, l’attribution des croyances et de désirs à des organismes unicellulaires, à des plantes, à des machines à café, n’est pas plus métaphorique que l’attribution de croyances et de désirs à nos semblables humains.

En appliquant cette « posture intentionnelle », on peut alors définir la croyance que la machine possède, à savoir que le café coûte 1 euro.

Pourquoi devons-nous postuler que la machine à café possède des états internes ? Si la machine réagissait selon le schéma béhavioriste, c’est-à-dire sur le schéma du simple réflexe, nous n’aurions pas besoin de postuler un état interne. Cependant, en introduisant une seconde pièce de 50 centimes, la machine se met en marche et délivre un café. Cette réaction nous contraint de postuler l’existence d’un certain état interne que l’on peut traduire par « se souvenir » ou « croire » qu’elle a déjà reçu une pièce sans avoir délivré de boisson. Autrement dit, pour le dire fonctionnellement, la distribution de la boisson sera en partie déterminée par son état interne.

Si on simplifie les entrées possibles dans la machine, nous avons :

E1 = Introduire une pièce de 50 centimes
E2 = Introduire une pièce de 1 euro

Quant à l’ensemble des sorties, nous obtenons :

S1 = Délivrer un café
S2 = Ne pas donner de café
S3 = Donner une pièce de 50 centimes

Les états internes peuvent donc être postulés. La machine peut « désirer » une pièce de 50 centimes ou une pièce de 1 euro :

D1 = Désirer une pièce de 50 centimes
D2 = Désirer une pièce de 1 euro

Ainsi, lorsque j’introduis une pièce de 1 euro et que la machine est dans un état interne consistant à désirer 50 centimes, elle fera un café et rendra une pièce de 50 centimes, soit : E2 →D1→S1 et S3. Elle possèdera alors un nouvel état interne : D2. On peut alors présenter la croyance de la machine de la façon suivante:

Entrée/Etat interne/Sortie/ Nouvel état interne
1) E1/ D1/ S1/ D2
2) E1/ D2/ S2/ D1
3) E2/ D1/ S1 et S3/ D2
4) E2/ D2/ S1/ D2

Définir fonctionnellement la croyance de la machine, que le café coûte 2 euros, revient donc à construire un réseau complexe de relations causales d’entrée/sortie et d’états internes. La croyance n’est pas ici seulement un état interne de la machine, ni seulement une association béhavioriste du type stimuli/réponse, mais se définit en terme de rôle fonctionnel. Posséder un état mental, c’est posséder un programme spécifiant ce qui peut être fait en fonction des entrées reçues et des états internes actuels. Par analogie, dans le cas de la douleur, par exemple, comme sans doute pour tous les états mentaux, l’évolution aura développé, à son sujet, divers mécanismes pour la diversité des espèces et pourra recevoir une explication fonctionnelle, comme une explication fonctionnelle biologique.

La question qui se pose consiste à de demander si les états mentaux sont seulement un rôle causal fonctionnel. N’existe-t-il pas des aspects essentiels que la conception fonctionnaliste ne saisit pas ? Et si un état mental n’était en relation ni avec un autre état, ni avec une sortie comportementale, il se soustrairait à l’évaluation fonctionnelle, cesserait-il pour autant d’être un état mental ?

Références

  • DENNETT, D. (1987) The Intentional Stance, MIT Press, Cambridge, trad. Franç. P. Engel, La stratégie de l’interprète, Paris, Gallimard, 1990.

13 commentaires pour L’esprit de la machine à café

  1. franssoit dit :

    La machine ne croit pas que le café vaut 1 euro. Elle sait pertinement qu’il vaut beaucoup moins mais elle sait aussi que son maître Sodhexo sera content d’elle si elle parvient à faire croire au passant qu’il a besoin d’un café et que celui-ci vaut un euro.

  2. herve dit :

    François
    Et si un état mental n’était en relation ni avec un autre état, ni avec une sortie comportementale, il se soustrairait à l’évaluation fonctionnelle, cesserait-il pour autant d’être un état mental ?

    herve
    Deux hypothèses :

    – Si nous supposons qu’un état mental est nécessairement et intrinsèquement conscient, c’est-à-dire qu’un état mental et la conscience de cet état ne font pas deux mais un, alors il y aurait en nous un état mental qui n’engendrerait pas d’autre état mental ; mais alors qu’est-ce qui ferait qu’il cesse et laisse place à un autre état mental ?

    – Si nous supposons, qu’un état mental et sa conscience sont deux, l’état mental « isolé », qui ne serait « en relation ni avec un autre état, ni avec une sortie comportementale », ne pourrait devenir conscient, donc nous ne saurions pas que nous l’avons, et nous ne pourrions même pas dire qu’il existe.

    Selon les deux hypothèses, l’existence d’un état mental qui ne serait « en relation ni avec un autre état, ni avec une sortie comportementale » est hautement problématique voire impossible.

  3. Ache dit :

    Je voudrais remarquer un point suite aux deux propositions suivantes, « l’attribution des croyances et de désirs à des organismes unicellulaires, à des plantes, à des machines à café, n’est pas plus métaphorique que l’attribution de croyances et de désirs à nos semblables humains », et, « [un] état interne [de la machine à café] que l’on peut traduire par « se souvenir » ou « croire » ».

    Le point est que certaines attributions de certaines aptitudes (comme la mémoire) sont parties intégrantes d’une discipline comme la physique dite computationnelle. Sa thèse fondamentale est que tout processus physique est un calcul informationnel. Ici ‘calcul’ ne signifie pas une activité à la première personne. ‘Calcul physique’ signifie, ‘évolution des degrés de liberté d’un système physique’. En ce sens, comprendre un système physique (un caillou, un ouragan, une table, une fleur, etc.), c’est le reconstruire, c’est à dire capturer la forme relationnelle qui s’identifie à ce système physique (‘les’ bon degrés de liberté du système). Donc, si tout système physique se définit comme calcul physique, alors n’importe quel système physique a la capacité d’enregistrer, de se souvenir, de traiter et de capturer de l’information. On peut quantifier la mémoire physique, on peut borner la capacité de calcul physique, etc.

    Le point est donc qu’on attribue des aptitudes généralement réservés à certaines formes (et notamment vivantes, puis conscientes) à n’importe quel système physique (ex. tout système physique est mnésique, a une histoire, etc.), et bien sûr de manière formelle, justifiée, etc.

    Maintenant, dans le domaine de la philosophie de l’esprit (au sens direct et trans-obédience), on peut interroger ce geste de reconnaissance de la physicité, et on peut l’interroger par des jeux d’opposition. Que penser de cette posture reconnaissante de l’activité et des capacités physique. Est-ce métaphore ou identité. Par ex., est-ce que la mémoire humaine est un raffinement tardif de la mémoire physique, ou est-ce que la mémoire physique est un raffinement méthodologique de la mémoire humaine.

  4. Bonjour,

    Si j’ai bien compris, la théorie fonctionnaliste permet de faire l’économie d’une théorie du mental et de la représentation. Si nous devions interpréter le comportement des êtres humains de cette manière là, nous devrions quand même nous demander comment ils ont appris à réagir de cette manière là. Donc on passerait d’une théorie de la représentation (remise en cause) à une thérorie de l’apprentissage.
    A mon sens, il peut être pertinent de montrer comment l’évolution a déterminé certains comportements culturels, moraux.
    PS: il arrive que la machine à céfé de mon lycée me rende davantage de monnaie; j’en déduis qu’elle est gentille !

  5. LEMOINE dit :

    Ce DENNETT a inventé une nouvelle manière d’être réductionniste.

    C’est sans doute son seul mérite!

  6. Francois Loth dit :

    Réponse à Mr Lemoine.

    Les mérites de Daniel Dennett sont très grands. Non seulement, son approche de l’esprit est des plus intelligentes – une approche philosophique et scientifique de grande qualité – mais elle s’inscrit à l’intérieur d’un militantisme darwinien. C’est un des philosophes les mieux traduit en Français, par Pascal Engel Notamment.

    La radicalité des termes – souvent expéditifs – que vous utilisez à propos du travail des plus éminents philosophes contemporains ne cesse de me surprendre ! Ne serait-il pas plus sage et pondéré d’essayer d’entrer dans leurs raisonnements, d’approfondir leurs arguments, bref de tenter de les lire ?

    Excusez ce don brusquement docte, mais ce « c’est sans doute son seul mérite ! » m’est apparu bien injuste à l’encontre de Dennett.

  7. patrice weisz dit :

    La théorie mathématique qui modélise le mieux cette vision fonctionnaliste de l’homme-machine est celle dite des automates cellulaires, dont l’une des dérivées est « le jeu de la vie » qui fascine encore nombre de physiciens ou de chercheurs. Un automate cellulaire est un système déterministe à N états (mémoires) dont le changement des entrées fait changer l’état interne et donc les sorties associées.
    Les « réseaux neuronaux » étudiés en informatique sont aussi des automates cellulaires (à fonctionnement en parallèle).
    Ces théories modélisent assez bien le fonctionnement du cerveau humain, notamment par le fait que des règles très simples, engendrent des comportements (des sorties) indéterminables à l’avance pouvant être décrits en termes anthropomorphiques. Ainsi elles tentent de justifier le libre-arbitre comme une illusion issue de l’imprédictibilité du système.
    Daniel Dennett dans « Vues de l’esprit » s’amuse à remplacer les neurones du cerveau par des condensateurs électroniques et en déduit que cela ne change rien (voir mon site). On peut donc même, selon lui, clôner une conscience en dupliquant le circuit électronique ainsi obtenu.
    Effectivement dans cette vision qui signe la mort de toute métaphysique, les états mentaux ne recouvrent nécessairement que des réalisations multiples d’états physiques, car ils sont une façon de décrire un comportement, i.e. une propriété causale fonctionnelle. Ils ne sont rien d’autre.
    Il est effectivement difficile d’imaginer un changement d’état mental qui ne corresponde pas à un changement d’état physique et qui puisse ainsi exister de façon « éthérée » sans la configuration matérielle correspondante.
    Le champ scientifique s’arrête à l’observable, donc à la matière, et cherche une complétude des théories à l’intérieur de cette limite.
    Pour autant si j’imagine à mon tour une expérience de pensée toute simple, celle d’être coupé de tous mes sens : je ne peux rien voir, rien toucher, rien sentir, le mur dans lequel je me cogne n’existe plus ni le sol : le monde matériel n’existe plus. Je n’ai plus d’input ! Que me reste-t-il alors du monde observable ?
    Le seul phénomène encore perceptible est celui de mon esprit et de mes pensées. Mon esprit reste la seule réalité phénoménale tangible et continue de fonctionner, de changer d’état mentaux, malgré l’absence de changement de ses entrées. Et au scanner on verra aussi mes neurones changer d’états en fonction de mes pensées. Comment expliquer avec la thèse fonctionnaliste la continuité de cette activité mentale, affranchie de ses entrées, puisque les changements d’états mentaux sont censés être une réponse déterminée du système (de la boite noire) à une variation de ses entrées ?
    L’activité neuronale s’observe scientifiquement, extérieurement, mais pas l’esprit, car il ne peut se voir que de l’intérieur. Pour autant grâce à cette expérience de pensée, l’esprit se retrouve avoir une existence plus tangible (car seule réalité incontournable) que le monde observable scientifique qui dépend de la finitude des sens.
    C’est à mon sens, une fois de plus le « cogito » indémontable qui vient opposer l’ontologie métaphysique de l’esprit aux thèses réductionnistes.
    Le cogito ne pouvant être une illusion, contrairement au monde, il reste selon moi, une preuve possible contre la thèse fonctionnaliste.

  8. Etre

    L’Apparence Est
    Matière
    Conscience
    Mouvement.

    La conscience est
    Sensation,croissance,
    Perception,déplacement,
    Apparition,communication.

    Conscient est.

  9. LEMOINE dit :

    Bon d’accord, l’expression que j’ai employée est excessive ! Mais, cette affaire de machine à café, après tout, ne nous apprend rien. Nous savons bien que nous avons des états mentaux c’est-à-dire une conscience, des idées, des sentiments, des désirs, des souvenirs, des projets etc.
    Mais en saisir toute la dimension, la nature, la fonction, (et c’est là le problème), c’est nécessairement dépasser l’individu abstrait, entretenant des relations abstraites avec un environnement neutre et les schémas utilisés pour penser cette abstraction.

    Que nous soyons, sur le plan naturel, le produit de l’évolution, personne n’en doute, je suppose. Mais nous savons tous que nous sommes plus que cela et que notre « essence » est ailleurs.

    Il me semble que c’est Marx, si décrié qu’il soit, qui dit la chose la plus profonde à ce sujet : « l’essence de l’homme n’est pas une abstraction inhérente à l’individu isolé. Dans sa réalité, elle est l’ensemble des rapports sociaux. »

    Ne croyez-vous pas que cette seule idée ouvre des perspectives plus fécondes que le minimalisme qui semble caractériser le « fonctionnalisme » et les autres théories que vous avez exposées jusqu’ici ?

    PS : franchement je suis surpris parce qu’une démonstration comme celle de la « machine à café » aurait été sévèrement jugée dans une copie de terminale quand je faisais mes études!

  10. A Mr Lemoine:

    Peut-être, les machines à café n’existaient pas à votre époque, comme maintenant avec leurs multiples fonctionnalités…

    Quand on étudie une théorie, il faut se demander en quoi elle est féconde par rapport à un problème donné.

  11. Francois Loth dit :

    Réponse à Patrick Hubert.
    La tradition de la philosophie analytique nous a habitué à un style philosophique basé sur l’argument, l’objection et la réponse à l’objection. L’approche poétique, s’il elle n’est pas une forme philosophique à mes yeux, n’est malgré tout pas sans intérêt. Le problème est qu’elle échappe à l’évaluation.

    Réponse à Patrice.
    La position de Daniel Dennett est vraiment une position intéressante entre réalisme et anti-réalisme au sujet du mental. Bien que sa position instrumentaliste le pousse à considérer les croyances comme des rôles assignés dans l’interprétation, il n’en néglige pas moins l’importance centrale pour toute psychologie.
    Merci également d’évoquer le « jeu de la vie » que Dennett considère comme un outil essentiel pour quiconque s’adonne à des expériences ce pensée. (Un article relativement complet existe dans Wikipedia). Dennet, à plusieurs reprise a utilisé cet exemple.
    En ce qui concerne l’objection cartésienne que vous faites à la théorie fonctionnaliste, il y a matière à discussion. Les objections au fonctionnalisme prennent parfois la forme d’un retour à un certain dualisme, néanmoins ces réponses dualistes, que même Jaegwon Kim entrevoit au sujet des qualia, sont à comprendre dans le dualisme des propriété qui est lui-même à comprendre à l’intérieur d’un monisme. Et puis, reste l’importance que l’on accorde à ces qualia. Ne leur donnent-on pas trop d’importance ? De plus, un grand nombre de philosophes considère que le fonctionnalisme fait œuvre utile en offrant une théorie acceptable pour les attitudes propositionnelles.

    Réponse à Laurence.
    Le fonctionnalisme ne se réduit au fonctionnaliste inspiré des seules machines. En effet, il existe une théorie fonctionnaliste qui marie à la fois l’approche computationnelle, c’est-à-dire, une approche constituée par des opérations formelles sur des symboles indépendamment de leur sens et qui soutient un réalisme intentionnel. C’est la thèse de Jerry Fodor notamment.

    Réponse à Hervé.
    Le problème difficile pour la théorie fonctionnaliste est celui posé par la conscience. Les qualités phénoménales de la conscience échappent en effet à la théorie fonctionnaliste.
    Pour la thèse fonctionnaliste, les propriétés mentales sont des pouvoirs causaux. Si certaines propriétés ne possèdent pas de pouvoirs causaux, sont-elles encore des propriétés ? Les qualités phénoménales de la conscience échappent à la réduction selon Kim (2005, voir billet n° sur Kim). Si l’on considère que les qualia sont des éléments centraux à l’esprit on peut rejeter le fonctionnalisme. Par contre, si l’on considère que les qualia ne sont pas l’essentiel de ce qui constitue l’esprit, alors un fonctionnalisme partiel peut être accepté.

    Réponse à Ache.
    Un métaphysicien pense que l’on ne peut faire l’économie de notions d’objets et de propriétés. Une propriété mentale phénoménale qui n’aurait aucun rôle causal est néanmoins problématique. Peut-on cependant vouloir rendre compte du mental et ignorer que les qualités d’une expérience ne sont pas les mêmes que les qualités de celui qui vit l’expérience ? Les qualités phénoménales existent et sont une composante de notre vie mentale, elles doivent trouver une place dans une ontologie.

    Réponse à Franssoit.
    Franssoit soulève la question de l’intentionnalité originale ou dérivée. Manifestement, la machine à café possède une intentionnalité dérivée (de son maître !)

  12. Francois Loth dit :

    Réponse à Mr Lemoine.

    La machine à café est une métaphore utile pour présenter la thèse fonctionnaliste au sujet de l’esprit. Le but du projet philosophique sur l’esprit est de rendre compte de celui-ci d’une manière qui ne nous le fasse pas considérer comme un fait brut, émergent sans autre explication. La théorie fonctionnaliste est une théorie effectivement plus riche qu’un simple compte-rendu sur le fonctionnement des machines à café. Néanmoins, il y a dans la métaphore de l’esprit comme une machine, tout le modèle de la théorie fonctionnaliste. Cette thèse qui est une thèse matérialiste au sujet de l’esprit permet de rendre compte de façon relativement satisfaisante de la place qu’occupent nos croyances et autres attitudes mentales dans la nature. Néanmoins, elle ne semble pas résoudre tous les problèmes.

    La philosophie analytique et la métaphysique contemporaine vivante, ne traitent pas forcément de choses sublimes comme vous semblez le regretter. Elle essaie dans un souci de clarté de bâtir une ontologie sérieuse.

    En ce qui concerne les sciences spéciales comme la sociologie, des métaphysiciens analytiques travaillent à la construction d’une ontologie, comme par exemple Frédéric Nef, dont on peut consulté quelques textes ici : http://fredericnef.blogspot.com/

    Pour conclure il me semble que ce que vous appelez « minimalisme » reflète une difficulté à entrer dans une tradition philosophique dont on n’évoquait pas l’existence à l’époque de vos années de lycéens en classe de terminale.

  13. Dolcu Emilia dit :

    La machine délivre ou non du café selon que son « désir » d’une pièce de 50 centimes ou d’une pièce de 1 ou 2 euros a été satisfait ou non. Comme tel, la distribution du café est en totalité et non pas en partie déterminée par l’état interne de la machine. Cet état, il est déterminé par la pièce de monnaie qu’on introduit et par la disposition de la machine à la recevoir. Autrement dit, il est doublement déterminé. De la sorte, l’état interne de la machine fait à chaque instant le lien entre l’histoire de la machine, son passé, et le monde à venir, extérieur. Le lien avec le passé fait que les sorties soient propres à la machine, et donc différentes des entrées (la machine à café délivre du café contre des pièces de monnaie). Le lien avec le monde extérieur fait que la machine ait un avenir, que son histoire continue.
    L’état interne de la machine n’est obsevable qu’à travers ses sorties. Mais ce sont les sorties qui sont en relation avec les états internes et non pas l’inverse.

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