Le mental : en dehors de l’espace ?

 

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En dépit des difficultés rencontrées pour rendre compte de la relation entre les substances mentales et les substances physiques, Descartes veut principalement défendre la causalité mentale. La persévérance cartésienne qui soutient que le corps et l’esprit interagissent, Kim le reconnaît (2005, p. 91), rend justice à notre conception intuitivement dualiste de la personne humaine. A la suite de Descartes, les philosophes qui tentèrent d’amender le dualisme, paraissèrent moins préoccupés par la causalité mentale que Descartes. Il fallait trancher : ils sauvèrent le dualisme des substances.

En effet, les thèses parallélistes (Leibniz) ou occasionalistes (Malebranche) admettent dans leurs ontologies la substance pensante et la substance étendue. Cependant ces deux thèses, chacune à leur façon, affirment que notre impression que les esprits et les corps sont causalement liés n’est qu’une illusion. Une telle affirmation vient foncièrement contredire nos expériences de tous les jours. Il semble, en effet, manifeste que les événements dans notre cerveau esprit affectent notre corps et au-delà de notre corps, le monde matériel. A l’inverse, les événements physiques se déroulant dans le monde ont un impact, par le truchement de notre corps, sur notre esprit.

On pourrait dire que la défense du dualisme des substances aura été plus forte que la préservation de la causation mentale.

L’engagement puissant pour le dualisme des substances passe par la reconnaissance d’une marque spécifique pour le mental : son caractère non spatial. En effet, pour le dualisme cartésien, le mental est essentiellement non étendu. Aujourd’hui le prix métaphysique à payer paraît très lourd : il nous faut en effet penser qu’il existe des mondes possibles dans lesquelles les propriétés mentales sont instanciées par des choses non physiques, des choses non étendues, des choses sans une extension spatiale.

La marque cartésienne du mental est donc portée par le caractère non étendu de la substance pensante. Ainsi des choses qui ne seraient pas étendues, c’est-à-dire des choses non spatiales pourraient posséder des propriétés mentales. On peut, en effet, concevoir que des anges existent et qu’ils peuvent avoir des désirs.

Dans notre monde actuel nous attribuons des propriétés mentales à des choses étendues. On peut en effet penser que certaines choses particulières, qui ont l’attribut de l’étendue, comme les personnes, possèdent des propriétés mentales. Une personne peut éprouver des douleurs ou posséder certaines croyances. Ainsi, anges et personnes humaines peuvent avoir des propriétés mentales.

Par contre si une chose possède une propriété physique, alors on ne peut dénier qu’il possède une caractéristique spatiale. Une chose de couleur verte ou de forme sphérique ne peut échapper à l’attribut de l’étendue. Autrement dit, une chose qui possède une propriété physique ne peut pas manquer de posséder l’attribut de l’étendue. Par contre, une chose qui possède une propriété mentale peut manquer de posséder l’attribut de la substance étendue.

Comme on le voit, lorsque l’on affirme que le critère du mental pourrait être le non spatial, cela nous engage directement à considérer le dualisme des substances. Un tel critère n’est donc pas neutre. Il nous impose de prendre en compte sérieusement la substance mentale. Autrement dit, en acceptant la marque du mental comme non spatial, nous devons donc reconnaître cette idée comme compréhensive et cohérente. C’est aujourd’hui quelque chose de difficile.

Mais refuser ce coût métaphysique ne règle, au fond, pas grand-chose. Si, en effet, on veut maintenir la distinction entre le mental et le physique et que, contrairement à Descartes, on se refuse à faire entrer dans notre ontologie la substance non étendue, comment allons-nous différencier les propriétés mentales des propriétés physiques ? On pourrait répondre que des propriétés mentales sont des propriétés de la substance physique, mais en vertu de quoi une propriété mentale est-elle de type mental ? Le dualisme des propriétés ne déplace-t-il pas le problème cartésien ? Et deuxièmement, si contrairement aux occasionnalistes et aux parallélistes nous ne voulons pas abandonner l’interaction entre le corps et l’esprit et que nous prenons la relation causale d’un point de vue ontologique sérieux, comment les propriétés mentales confèreront-elles un pouvoir causal à leurs possesseurs ?

 

Références

 

  • KIM, J. (2005) Physicalism or Something near enough, Princeton, Princeton University Press.

 

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15 commentaires pour Le mental : en dehors de l’espace ?

  1. Philalethe dit :

    Lapsus d’un physicaliste réductionniste ? En effet vous écrivez qu' »il semble en effet manifeste que les événements dans notre cerveau affectent notre corps (…) » Ne convient-il pas, vu ce qui précède, d’écrire ici « esprit » au lieu de « cerveau » ?

  2. Francois Loth dit :

    Je corrige immédiatement en barrant explicitement le mot « cerveau » et vous remercie de cette remarque.

    Quant au lapsus que dire ? Le lapsus révélerait une position cachée ? Non. Il me semble que c’est seulement une erreur de ma part.

    Je ne dédends en effet pas une thèse réductionniste, mais estime que le physicalisme non réductible fait fausse route. C’est une position métaphysique instable. Des billets concernant ce sujet viendront.

    Je pense que la solution métaphysique au sujet de l’esprit doit être recherchée en dehors de la solution réductionniste. Et si il n’y avait rien à réduire ? Pour réduire il faut encore considérer que les propriétés mentales sont des propriétés d’un ordre supérieur que l’on pourrait réduire à des propriétés de base ! C’est une image métaphysique héritée du fonctionnalisme qui ne propose pas vraiment une solution métaphysique au sujet de l’esprit.

    Affaire à suivre…

  3. loic dit :

    QUESTIONS A quel instant naît l’esprit chez l’homme ?:
    – A sa conception ?
    – dans la période où naît la conscience d’exister in utero ?
    – lors de l’accouchement quand concrètement et brutalement l’être est confronté au réel ?
    – Lorsque l’enfant prend conscience d’exister en tant qu’entité indépendante en fonction de son environnement et de son éducation ?

    L’esprit à t-il des limites ?
    – Est-il tel l’univers en perpétuelle extension ?
    – évolue t-il dans un cadre limité par les besoins structurels de l’homme physique ?
    – Passe t-il d’un support à l’autre en fonction de la capacité d’accueil de son hôte ; aujourd’hui l’humain, demain l’ordinateur ?

    L’étymologie de divin étant un mot de racine indo européenne qui signifie lueur, briller ; L’esprit est-il divin ?
    – Est-il l’émanation d’une étincelle d’énergie issue du big bang ?
    – Est-il générateur de vie ou à t-il besoin d’énergie pour exister ?
    – Pourquoi est ce que toutes les religions font référence à la lumière ?

    L’esprit est-il binaire ?
    – Pourquoi tout est dual : Bien / Mal , Lumière / obscurité , Chaud / froid , 0 / 1 ?
    – Si c’est le cas, en offrant le progrès à la cybernétique avec toute notre énergie, ne sommes nous pas à l’aube d’une révolution métaphysique ?

    L’esprit est-il le moteur qui nous fait aller de l’avant ?
    – En permettant de comprendre le monde physique, à envisager sa beauté et son équilibre à celui qui à la chance d’y accéder, l’esprit en rendant les « choses » belles incite à chercher à comprendre encore et encore. Pourquoi ?
    – Si l’esprit est un « moteur » qui l’anime ?

    L’esprit est-il virtuel ?
    – Lorsque mon cœur s’arrête de battre, mon esprit s’efface t-il ? et ce qu’il en reste c’est ce que j’ai transmis à mes enfants, à mes élèves, à mes relations…
    – A ma mort physique ce que beaucoup appellent l’âme va-t-elle habiter une autre entité vivante ? et dans ce cas l’évolution étant exponentielle de la vie l’âme ou l’esprit est elle sécable ?

    Pourquoi cette question de l’esprit est-elle si prégnante dans le cœur des hommes ?
    – Est-ce un voile qui nous empêchera indéfiniment de découvrir la vérité de l’existence ?
    – Est-ce un artefact quantique généré par le fait même d’exister ?
    – Est-ce un dispositif de sécurité genre disjoncteur ? Qui est là pour empêcher ceux qui n’y sont pas près, à découvrir que la vie est d’une extrême simplicité régie par des lois naturelles, universelles et éternelles.

    Je te remercie en tous cas de me donner la chance de te poser ces 7 questions capitales….Bon courage..
    A quel instant naît l’esprit chez l’homme ?:
    – A sa conception ?
    – dans la période où naît la conscience d’exister in utero ?
    – lors de l’accouchement quand concrètement et brutalement l’être est confronté au réel ?
    – Lorsque l’enfant prend conscience d’exister en tant qu’entité indépendante en fonction de son environnement et de son éducation ?

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    – évolue t-il dans un cadre limité par les besoins structurels de l’homme physique ?
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    – Est-il générateur de vie ou à t-il besoin d’énergie pour exister ?
    – Pourquoi est ce que toutes les religions font référence à la lumière ?

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  4. Francois Loth dit :

    La philosophie de l’esprit ne répond pas aux questions empiriques. La philosophie est une enquête justement sur ce qui résiste à l’investigation empirique. Certains problèmes comme par exemple les problèmes de cosmologie, ont longtemps été vus comme des problèmes de philosophie parce qu’ils ne semblaient pas pouvoir subir une investigation empirique, par exemple quand on se demandait si l’univers avait un début temporel ou si son étendue était infinie. Aujourd’hui, ces problèmes sont pensés comme appartenant à la physique et des réponses empiriques ont été proposées. Peut-être en sera-t-il ainsi un jour de l’esprit ! Cependant, il se pourrait que certaines propriétés mentales résistent toujours à l’investigation empirique. Dans ce cas, l’esprit demeurerait purement un problème philosophique.

    Sans vouloir dégager en touche, parmi les nombreuses questions posées, un certain nombre d’entres elles peuvent être livrées à l’enquête empirique. Les questions de la naissance de l’esprit par exemple.

    La question du support de l’esprit est très proche de la notion de « réalisation du mental », elle sous-tend la thèse fonctionnaliste de l’esprit. Cela rejoint la question des propriétés binaires… Certains de nos états mentaux possèdent des contenus qui ont des propriétés sémantiques, autrement qui signifient quelque chose pour nous. La machine qui par une série de 0 et de 1 peut exhiber indifféremment diverses significations. La réalisation physique des contenus possédant une signification sont coupés de ce que nous entendons par signification. Si notre esprit est binaire et syntactique, ce que nous prenons comme des explications de nos comportements, à savoir le sens que nous donnons à nos contenus de croyance, semble alors devoir être éliminé. Ainsi lorsque j’explique causalement pourquoi j’ai acheté des fleurs à ma femme et que j’invoque mon désir de lui faire plaisir et que je crois qu’elle apprécie particulièrement les fleurs, si la réalisation physique de ce contenu est une série de 0 et 1, devrons nous abandonner nos théories de ‘explication pratique des comportements ?

  5. loic dit :

    je suis convaincu par ton exemple de fleurs offertes à sa femme, parce quoiqu’on en donne comme explications physiques, s’il est bien un état, un sentiment qui doit échapper le plus longtemps possible à un triste epirisme pragmatique, c’est celui là qui nous fait offrir des fleurs à sa femme, entourer ses enfants de tendresse: L’Amour

    je cite pour terminer un pragmatique William James « Le vrai consiste simplement dans ce qui est avantageux pour la pensée. »

  6. LEMOINE dit :

    En résistant à l’investigation empirique, la philosophie telle que vous la concevez, ne fait-elle pas obstacle à une vraie compréhension des choses ? Si un problème ne trouve pas de solution ou même parait insoluble dans les termes où il est posé, ne faut-il pas le poser d’une autre façon ?

    Kant ayant mis en évidence les antinomies où s’enferme le raisonnement métaphysique, il aurait dû l’abandonner pour une recherche empirique.

    Pour résoudre les problèmes de la cosmologie, il fallait lever les yeux au ciel et c’est ce qu’a fait, le premier, l’esprit pratique d’Edgar Poe en faisant cette simple réflexion que si le temps était infini et l’espace sans limite, en quelque direction qu’on ait regardé on aurait dû toujours finir par trouver une étoile sur la ligne de visée. Autrement dit, le fond du ciel aurait dû être une tapisserie radieuse continûment composée d’étoiles, ne laissant aucune place au noir. Ce rayonnement intense aurait rendu toute vie impossible, donc s’il y a de la vie c’est que l’univers est fini.

    Dans un texte intitulé Eurêka, Poe expliqua que le noir de la nuit était la preuve de la finitude du temps cosmique. En effet, la lumière ne peut se propager qu’à vitesse finie. Or, dans un univers temporellement fini, les étoiles n’ont pas toujours existé. Nous ne pouvons donc recevoir leur lumière que si celle-ci a eu le temps de nous atteindre, c’est à dire si les étoiles qui l’ont émise sont suffisamment proches. Ainsi,Poe expliqua que le ciel n’est pas uniformément brillant parce que les étoiles n’existent que depuis un temps fini.

    Si Kant, malgré son immense intelligence, n’a pas résolu ce problème n’est-ce pas parce qu’il ne savait pas poser les problèmes autrement qu’en métaphysicien.

    En philosophie de l’esprit, peut-être faut-il laisser là Descartes pour proposer tout simplement un programme de recherches partant de l’animal pour aboutir à l’homme.

  7. hellkeeper dit :

    Le problème posé par Poe a aujourd’hui des réponses grace à l’astrophysique : l’expansion spatiale accélérant au fur et à mesure, certaines étoiles s’éloignent à une vitesse superieur à celle de la lumière (l’espace entre elles et nous s’étend), et la lumière n’arrive donc jamais à nous.

  8. LEMOINE dit :

    oui, je suis tout à fait d’accord avec vous : ce problème est résolu par la science et non par la métaphysique.

    De même le problème corps/esprit commence avec l’analyse de la réponse motrice immédiate, puis par celle des organismes capables de retirer de l’information à partir de sources spatialement éloignées (vue et odorat) et de défaire le lien entre la réception de l’information et la réaction motrice par le développement de l’anticipation, de la mémoire à long terme et de l’évaluation des situations.

    En gros je dirais qu’il faut poser le problème non de savoir comment une information peut provoquer une réaction mais de comprendre comment une information peut ne pas provoquer de réaction immédiate.

  9. LEMOINE dit :

    Juste un mot encore après vous avoir relu : aucune vitesse ne peut dépasser celle de la lumière, il me semble?

  10. Kip dit :

    Ce n’est pas rigoureusement vrai. Aucun signal transportant de l’information ou de l’énergie ne peut se propager plus vite que la vitesse de la lumière. Une onde électromagnétique peut donc se propager plus vite que c, lorsqu’elle ne transporte pas d’énergie ou d’information.

    Cette précision à part, dans le cas cité par hellkeeper, l’apparente violation du postulat de la relativité restreinte selon lequel la vitesse de la lumière est une vitesse limite, naît du fait que la « vitesse de récession » (« la vitesse d’expansion de l’univers ») n’est pas réellement une vitesse. C’est un peu délicat à expliquer car entre en compte ici la relativité générale, mais pour le dire en une ligne : les galaxies ne s’éloignent pas dans l’espace, mais en même temp que l’espace. On s’éloigne de la philosophy of mind, alors j’arrête le HS, mais si vous voulez des infos à ce sujet, cherchez « vitesse de récession » sur google.

    Cordialement,

    Kip

  11. Francois Loth dit :

    Réponse à Mr Lemoine.

    La métaphysique contemporaine ne cherche aucunement à résister à l’enquête empirique. Les deux plus grands métaphysiciens contemporains que sont David Lewis et David Armstrong sont des philosophes naturalistes. L’ensemble du travail en philosophie de l’esprit est à comprendre dans ce contexte. Cependant, l’enquête empirique n’est pas tout, et la philosophie a pour tâche de prendre en charge justement ce qui résiste à l’enquête empirique. Si l’on pense par exemple à l’épistémologie ou à l’éthique, on s’aperçoit que l’enquête empirique n’a que peu de prise sur ces domaines. La raison semble être que les problèmes éthiques concernent les valeurs plutôt que les faits et sont ainsi plus normatifs qu’empiriques. L’investigation empirique peut révéler quelles croyances éthiques les gens ont. Cependant, se demander quelles croyances sont vraies n’est pas du domaine empirique. Lorsque l’épistémologie se demande quelle est la nature de la connaissance, elle cherche à dire quelque chose au sujet de notre concept de connaissance plutôt que quelque chose au sujet du monde. IL ne s’agit donc pas de poser un principe de résistance à l’enquête empirique, au contraire, mais de prendre en charge ce que l’enquête empirique ne peut entièrement dévoiler.

    En ce qui concerne l’esprit, parce que le problème de l’interaction pose problème, vous seriez tenté de préconiser que l’on pourrait soigner le problème en dissolvant la question. Je ne suis pas sur que l’on doive adopter cette méthode.

    On peut reposer le problème en disant que l’esprit est une entité non matérielle qui possède des propriétés qui ne sont pas possédées par les objets matériels. L’esprit semble néanmoins avoir d’intimes relations avec les objets matériels, les cerveaux particulièrement. Vos expériences de conscience des objets matériels, expériences qui incluent votre propre corps, semblent vous atteindre à travers le cerveau. Il en est de même des effets des délibérations que nous avons à propos du monde, délibérations qui nous poussent à agir et qui requièrent l’intermédiaire du cerveau. Néanmoins, la conclusion à laquelle il semble que nous ne puissions pas échapper est celle-ci : l’esprit n’est pas une chose matérielle.

    On peut suspecter la validité d’un tel raisonnement. C’est une attitude saine que la recherche philosophique encourage. Cependant ici, cette suspicion ne peut être que philosophique. En effet, aucune expérience supplémentaire dans le domaine empirique ne vous aidera à trancher cette question. Rien qui sera de la science ne pourra vous assister dans votre effort.

    On peut trouver cette conclusion inacceptable. Pour cela il faudra fournir un argument qui me permettra d’accepter une telle conclusion. Et en cherchant à produire cet argument, vous vous engagerez dans une réflexion philosophique sur l’esprit. Autrement dit, la philosophie de l’esprit vous rattrapera. Pour cela il vous faudra partir non des résultats dans les neurosciences, mais des observations du sens commun. Si vous ne parvenez pas à démontrer que la philosophie de l’esprit est inévitable, alors vous serez forcé de faire ce que les philosophes font depuis Descartes, à savoir construire une image métaphysique cohérente.

  12. loic dit :

    Si empiriquement on peut envisager « la naissance de l’esprit » ne doit-on pas admettre alors la mort de l’esprit, et dans ce cas une réalité bornée avec un début et une fin.
    Dans ce cas l’esprit aurai déjà un contour temporel et existentiel ; ces caractéristiques ne définissent-elles pas un objet ?

  13. Francois Loth dit :

    Réponse à Loïc.

    L’objet d’une manière très générale peut être considéré comme un porteur de propriétés. Un objet pourrait être en effet un champ ou une région de l’espace-temps ou une chose encore plus étrange.

    Les objets mentaux pourraient être de objets neuronaux. Ces objets possèderaient des propriétés mentales. On pourrait alors dire que les objets neuronaux sont des porteurs de propriétés mentales. Ainsi lorsque l’on évoque l’esprit, on parle plutôt de propriétés d’un certain type (mental) que certains objets complexes, comme les organismes, par exemple, posséderaient.

  14. philalethe dit :

    Vous écrivez que d’un point de vue cartésien un ange – pris comme une entité dépourvue de corps – pourrait avoir des désirs, mais ne serait-il pas plus exact de dire qu’il pourrait avoir des volontés ? En effet, chez Descartes, la genèse du désir est en partie dans le corps alors qu’il n’en va pas ainsi de la volonté qui est action de l’esprit. L’homme qui désire ressent une passion (l’esprit pâtit de son union avec le corps). Pardonnez cette remarque très secondaire.

  15. Francois Loth dit :

    Votre remarque, pas vraiment secondaire me semble-t-il, vient curieusement croiser les questions traitées dans le livre de Stéphane Lemaire à propos duquel j’ai écrit un billet (88). On y parle justement, bien que le terme n’apparaisse pas dans le livre) de l' »ontologie » des désirs, mais aussi de la faiblesse de la volonté…

    Parler d’anges et du désir des anges, dans un contexte cartésien, est en effet délicat et je vous remercie pour votre précision. Disons, pour simplifier, que l’ontologie cartésienne pose des entités différentes des entités matérielles et que ces entités, situées en dehors de l’espace physique, possèdent des propriétés qui ne sont pas physiques. Comment des propriétés mentales d’entités qui ne sont pas spatiales, pourraient posséder un pouvoir causal dans le monde physique ?

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