à lire…

14 décembre 2010

klesis


Sortie d’un numéro de la revue KLESIS, sous la direction de Patrick Ducray et consacré à la philosophie analytique de la religion. Des articles, à lire en ligne, de Peter Van Inwagen, Cyrille Michon, Paul Clavier, Frédéric Nef, Yann Schmitt, Roger Pouivet, Sébastien Réhault.
Patrick Ducray est aussi le rédacteur de l’excellent blog Philalethe.net "Les philosophes antiques à notre secours".


Entracte (KLESIS 13 : Actualité de la philosophie analytique 2)

23 novembre 2009

KLĒSIS – ΚΛΗΣΙΣ


Sortie d’un deuxième numéro de la revue KLESIS, dirigé par Patrick Ducray et consacré à la philosophie analytique. Des articles de Pascal Engel, Daniel Laurier, Michael Esfeld, Christian Sachse, Patrice Soom, Vincent Lam, Sandrine Darsel, Sébastien Réhault et la traduction d’un texte d’Elisabeth Anscombe, « En quoi consiste croire quelqu’un ? »


Patrick Ducray est aussi le rédacteur de l’excellent blog Philalethe.net Les philosophes antiques à notre secours.

Entracte (Roger Pouivet à l’université de Rennes)

9 mars 2009

Jeudi 12 mars, Roger Pouivet présente son livre 

 

Philosophie

contemporaine


à l’université de Rennes 1.


Entracte (Une bonne nouvelle !)

21 janvier 2009

RÉPHA

 

A l’initiative d’étudiants en philosophie, une revue étudiante de philosophie analytique francophone est lancée. 

 

« RÉPHA a pour but de favoriser la diffusion de la philosophie analytique en produisant un espace d’études mêlant des articles écrits par des étudiants et par des professionnels, et destinée aussi bien aux universitaires qu’aux amateurs de philosophie. »

 

Tous nos vœux de succès !


Entracte (Kit de survie)

30 octobre 2008

Roger Pouivet, Philosophie Contemporaine

 

Au milieu du chemin de notre vie
je me retrouvais par une forêt obscure
car la voie droite était perdue.

Dante, La divine comédie

 

 

 

Je n’ai jamais été un jeune philosophe. Lorsque je suis entré à l’université pour étudier la philosophie, la classe de terminale, avec son art de la dissertation, de l’explication de texte, le programme des notions, était un souvenir perdu. D’emblée l’on m’a suggéré  – la voix faisait autorité – que je ferais mieux de renoncer à cette tocade : « Faire des études de philosophie, ce n’est pas pour vous ! » m’a-t-on dit. On m’a fait comprendre que la philosophie du concours de l’agrégation qui, avec la recherche, était l’un des objectifs des études universitaires prenait appui sur ce qui était enseigné dans la classe de terminale. Néanmoins, j’ai résisté, signé mon inscription et suis parvenu à suivre un certain nombre de cours, c’est-à-dire peu, en raison de mes activités professionnelles qui n’avaient rien à voir avec la philosophie.

Ce qui précisément m’avait motivé à entamer ce parcours d’études n’était pas très net mais tout me captivait. Des professeurs parlaient dans des amphis, le plus souvent très clairsemés, et nous livraient des théories. Il fallait lire, relire, se perdre et lire encore et quelques années plus tard, les choses progressivement, pour moi ainsi que pour beaucoup de mes plus jeunes compagnons, se clarifièrent. Ce qui se clarifia ne fut pas tant la soudaine arrivée d’une concorde dans ce désaccord perpétuel que constituait les interventions de nos professeurs, mais l’émergence de deux traditions qui nous poussaient à l’engagement en faveur de l’une ou de l’autre (1).

L’université dans laquelle j’eus la chance de mener ce parcours (Université de Rennes1) était ouverte à ces deux traditions : l’analytique et la continentale. De ces deux traditions, Roger Pouivet, qui était un de nos professeurs, se présentait comme un ambassadeur de la méthode analytique.

Dans le livre qu’il vient de faire paraître au PUF, Philosophie contemporaine, le même Roger Pouivet, évoque lui aussi ses premières années d’étudiant et le dédale, voire la confusion qui avait été sienne à l’époque. « Comment s’orienter dans la forêt obscure de la philosophie contemporaine ? » se demande rétrospectivement l’ancien étudiant. Le livre, qui n’est  ni une encyclopédie, ni un survol ou un pense-bête nous précise l’auteur, mais un « kit de survie », se veut une aide – il s’agit d’éviter de se perdre dans cette forêt obscure de la philosophie contemporaine. Alors on nous indique « les principaux embranchements » d’une géographie que l’auteur ne cantonne pas à « la conception scolaire de la philosophie française, liée à son implantation dans l’enseignement secondaire », mais ouvre à la perspective internationale. Le livre est ambitieux et veut être une métaphilosophie c’est-à-dire une philosophie de la philosophie du XXe et XXIe  commençant.

Divisé en six chapitres (Philosophie analytique et philosophie continentale – Philosophie et histoire de la philosophie – Le rôle de la logique en philosophie – Réalisme et antiréalisme – Epistémologie et éthique des croyances – L’esprit, l’âme et le corps), l’ouvrage se propose de faire « gagner du temps » à l’étudiant. La méthode y est claire et intelligible. Il s’agit pour l’étudiant de reconnaître l’option méthodologique qui préside aux ouvrages qu’il doit lire ou aux exposés qu’il écoute. Au début de chaque chapitre, l’auteur nous présente le problème tel qu’il se pose dans le cursus national et se propose de l’étendre bien au-delà de ce qui constitue l’espace philosophique de l’enseignement secondaire en France. C’est ainsi, que délibérément, Roger Pouivet réaménage l’espace du cadre de la philosophie contemporaine, se détachant de la « forme marginale » de la tradition de l’enseignement français, mais s’écarte également de la philosophie qu’il qualifie de  « médiatique », philosophie des magazines, des radios, des livres à grands tirages. Le propos, alors explicitement universitaire, se fonde sur un apprentissage spécifique qui ne se cantonne pas à une certaine culture littéraire ou la discussion des grandes questions morales. « [… comme en physique ou en chimie, il n’y a aucune raison pour que la philosophie ne requière pas un apprentissage et des compétences. » écrit Pouivet (p. 18). De plus, si à la fin de chaque chapitre, l’auteur nous propose des conseils de lecture, le manuel est ponctué d’éclairages, (douze au total) et qui sont autant de synthèses indispensables à la bonne « navigation » recherchée.

Si l’étudiant, perdu dans la forêt conceptuelle de ses premières années d’études universitaires, peut, grâce à cet ouvrage, installer des balises dans son univers intellectuel, il y découvrira aussi, l’existence de ces deux grandes traditions - l’analytique et la continentale – et l’inévitable choix qu’une telle dichotomie des méthodes et des objectifs ne peut qu’engendrer. En effet, alors que le premier chapitre s’en fait explicitement l’écho, l’auteur soutient ouvertement sa préférence pour la pratique analytique. De plus, une fois l’option défendue on voit celle-ci se diffuser tout au long de l’ouvrage, et former un ancrage à partir duquel les autres approches seront analysées – la phénoménologie, par exemple, y est sévèrement attaquée lorsqu’elle manifeste, selon l’auteur, une certaine marque de la philosophie contemporaine : la confusion.

Les choix effectués au sein de cette présentation de la philosophie contemporaine traduisent également cet ancrage analytique. C’est purement méthodologique de la part d’un philosophe analytique de procéder de la sorte et de planter d’emblée la thèse défendue. Certes, l’ouvrage de Roger Pouivet n’est pas construit comme une thèse qu’il chercherait à justifier et à défendre. Cependant, être ancré dans un courant, le dire clairement et le soutenir permet la confrontation et, à partir du moment où l’on considère – contre le post modernisme par exemple – que ce qui fait la valeur d’une thèse est sinon sa vérité, du moins, la plausibilité de ses assertions, alors c’est la suspension aléthique elle-même qui devient la curiosité. Ainsi, du rôle de la logique, à la critique de l’histoire de la philosophie comprise comme seule herméneutique et qui ne peut rediscuter les thèses passées, en passant par le renouveau métaphysique contemporain et l’introduction de la philosophie de l’esprit (2), c’est véritablement un pont plutôt qu’une rupture que la philosophie analytique cherche à construire avec la tradition, reformulant, plutôt humblement, des problèmes qui ne cessent de se poser aux sciences comme par exemple : Qu’est-ce qu’un objet ? Un événement ? Mais que sont les propriétés des choses ?

Comme je le disais dans la petite note biographique commençant ce billet, Roger Pouivet, mais également Frédéric Nef, Sandra Laugier, Sacha Bourgeois Gironde, et bien d’autres professeurs qui ont enseigné à l’université de Rennes la tradition analytique ont contribué chacun à fixer, selon moi, une manière de faire de la philosophie, qui ne devait rien à la tradition de l’enseignement secondaire. Ainsi, alors que le souvenir de la classe de terminale était littéralement perdu, que l’avertissement préalable que les études de philosophie ne pouvaient pas me convenir mais devait me conduire à l’impasse, la rencontre avec un projet philosophique basé sur l’argumentation, la clarté, la visée revendiquée du vrai, le caractère direct des problématiques et la littéralité des formulations, m’a permis de construire ma recherche. Une recherche qui non seulement s’articule avec la tradition héritée de l’histoire de la philosophie mais qui, au-delà de la pratique spécifique de l’enseignement philosophique en France, s’inscrit dans un espace scientifique international.

De tout cela, de la confusion de la philosophie contemporaine considérée du point de vue de la philosophie analytique, de la menace que fait peser l’abîme entre les différents courants sur l’unité de la philosophie, il est question dans ce livre. Ainsi, loin de tout oecuménisme entre les courants, les modèles et les styles, l’ouvrage de Roger Pouivet apparaît comme un peu plus qu’un « kit de survie » quand « la voie droite nous a été perdue », mais constitue une véritable contribution à ce qui doit nous permettre de penser ce que l’auteur questionne à maintes reprises (3) et qu’il n’ose pas encore appeler « schisme. »


(1) Que l’on pense à l’initiative de Martin Mongin par exemple, compagnon d’amphi à Rennes1.

(2) Pour dépasser le paradigme cartésien de la relation du corps et de l’esprit, l’auteur propose d’introduire, parallèle à la philosophie de l’esprit, une « philosophie de l’âme ». Un bel exemple, certes très discutable, du dessein de la philosophie analytique qui prône une certaine unité de la philosophie, de Platon à …

(3) « N’est-on pas parvenu à tel degré de différence qu’il conviendrait de se demander ce qui reste commun aux deux conceptions de la philosophie ? Ne s’agit-il pas simplement d’une homonymie ? » (p. 39), ou encore, « Les deux types de philosophie, analytique et continentale, ne reviennent-ils pas en réalité à deux disciplines différentes ? » (p. 50).

 


Récapitulation (II)

1 juillet 2008

Pendant l’été, le blog s’absente… Merci aux lecteurs (vous êtes plus d’une centaine par jour en moyenne) et à tous les commentateurs qui contribuent à la clarification des idées et notions présentées dans cette introduction à la métaphysique de l’esprit.

Ci-dessous, le récapitulatif des 26 billets de l’année écoulée.

Récapitulation (année 2006-2007)

61. D’un point de vue ontologique

62. Métaphysique contemporaine

63. La fin du monde

64. La causalité comme dépendance contrefactuelle

65. Doit-on éliminer la relation de causalité ?

66. Vrai ou pseudo processus causal ?

67. Les trois David (Hume, Lewis, Armstrong) et la perception de la causalité

68. Le principe de la pertinence des propriétés mentales

69. Sortir de la mauvaise direction : distinguer les prédicats, des propriétés

70. Pourquoi accepter des propriétés dans notre ontologie ? Ou pourquoi penser que les propriétés existent ?

71. Ressemblance et propriétés

72. Platon et les modernes : instancier un universel

73. L’unicité dans le multiple – l’extrémisme platonicien

74. Universalia in rebus : le réalisme de David Armstrong

75. La voie de la propriété particulière et de la similarité simple

76. Tropes

77. Objets et tropes

78. Les tropes comme propriétés de la causalité

79. Les tropes mentaux

80. Le punch causal des propriétés sémantiques : le problème du soprano

81. La naturalisation des propriétés intentionnelles et la causalité mentale

82. Qu’est-ce qu’un comportement ?

83. Swampman

84. La dualité des explananda

85. La croyance du rat et la croyance du thermostat

86. La cause déclenchante et la cause structurante

87. Un événement éditorial : PHILOSOPHIE DE L’ESPRIT de Jaegwon Kim


La cause déclenchante et la cause structurante

31 mai 2008

Dans la recherche d’un travail causal pour les propriétés de nos contenus mentaux, Dretske introduit deux genres de causes : la cause déclenchante et la cause structurante.

Une cause déclenchante est la cause immédiate d’un certain événement. La cause structurante, quant à elle, est un ensemble d’événements qui causent une cause déclenchante à produire son effet. Bouger la souris de mon ordinateur est la cause déclenchante du mouvement du curseur sur l’écran alors que le hardware et le programme de l’ordinateur forment la cause structurante. Une cause déclenchante de la production du mouvement M par l’état interne C, c’est-à-dire du comportement consistant dans le fait que C cause M, n’est rien d’autre qu’une cause de C qui est extérieure au système considéré. En effet, Drestke utilise la distinction structurante/déclenchante pour montrer comment les faits représentationnels, dont les propriétés sémantiques sont des propriétés externes aux individus, peuvent être des causes structurantes du comportement.

La stratégie que poursuit Dtretske consiste à séparer deux types d’explications : les propriétés sémantiques de nos états intentionnels expliquent une chose et les propriétés physiques (neurophysiologiques) en expliquent une autre. Pour Dretske, les explications sont sensibles aux contextes, la sélection d’une cause dépend de nos intérêts et d’une grande variété d’événements (2004, p. 167). La multiplicité de conditions sur lequel l’effet dépend possède à la fois une dimension synchronique et diachronique. Ainsi, à un temps donné, il existe une grande variété d’événements et de conditions synchrones sans lesquels un événement quelconque (E) ne se produirait pas. De plus, parce qu’une cause quelconque de la cause de E est aussi une cause, certes plus lointaine de E, il existe un aspect diachronique dans cette dépendance multiple. Pour Dretske, il n’y a pas à privilégier ou à opposer l’aspect proximal aux causes ultimes ou éloignées. L’explication causale d’un événement contient la cause structurante et la cause déclenchante. Dans ce contexte, il n’est alors plus question de compétitions entre les causes. En effet, pour Dretske, les propriétés intentionnelles (représentationnelles) ne sont pas les propriétés qui confèrent un pouvoir causal déclenchant. Ces propriétés n’interviennent qu’au niveau structurant. Elles ne s’opposent donc pas, elles ont seulement affaire avec deux facteurs causaux différents. En conséquence, les croyances et les désirs, au moment de l’action ne peuvent constituer la cause du comportement.

Ainsi, lorsque l’on veut répondre à la question du pourquoi ce bouton de sonnette à la porte retentit lorsque j’exerce une pression, Dretske répondra que c’est parce qu’une certaine connexion a été réalisée par un électricien. Ne trouve-t-on pas dans la réponse à ce « pourquoi » une réponse que nous n’attendions pas ? En effet, si la question centrale est celle du travail des contenus dans la cause d’un comportement, la réponse de Dretske constitue une réponse au « pourquoi » ces contenus ont causé ce comportement plutôt qu’un autre. Et c’est dans cette seconde réponse – la cause du comportement/production n’étant pas du ressort des raisons – que, selon Dretske, les contenus exercent leur travail.

On peut alors se demander ce qui reste de notre intuition « pré théorique » que la pertinence explicative de notre conception ordinaire de comment les raisons expliquent le comportement doit se dérouler dans l’ « ici et maintenant » de la relation causale. Ce que montre Dretske est, en effet, que la cause structurante de nos comportements échappe à cette intuition basique que nos pensées, croyances, désirs et autres sont des causes au moment t où l’action se produit. Peut-on alors encore attribuer le terme même de « cause », à qui ne pourrait n’avoir aucun lien dans la cause même du comportement, au moment t du comportement ?

Références


DRETSKE, F. (2004) “Psychological vs. Biological Explanations of Behavior”, Behavior and Philosophy, 32, p. 167-177.


Swampman : le rôle causal de nos croyances

2 mai 2008

Une expérience de pensée introduite par Donald Davidon (1987) met en scène Davidson lui-même qui, partant en randonnée dans des marais est soudain frappé par la foudre. Dans le même temps, à proximité, un second éclair réorganise spontanément toutes les molécules qui constituaient Davidson et par le plus grand des hasards, elles reprennent exactement la même position que celle qu’elles avaient au moment de sa mort.

Ce Swampman possède néanmoins un cerveau, entièrement identique à celui qu’avait Davidson et se comporte donc exactement comme l’aurait fait Davidson. Alors, suivant à nouveau son chemin, retournant à son bureau à l’université de Berkeley, il reprend le cours normal de sa vie qu’il consacre à écrire des essais philosophiques

Cette expérience de pensée de la duplication d’une personne à l’identique, nous intéresse ici pour distinguer les notions de pouvoir causal et de fonction (que l’on assimile ici à une croyance). La notion de fonction se différencie de l’ensemble des propriétés intrinsèques de l’organisme qui a acquis cette fonction. Je peux, par exemple, faire acquérir à un objet une fonction pour laquelle il n’a pas été produit, un livre, par exemple, pour caler une porte. En bloquant la porte, le livre acquiert la fonction de caler la porte. Cependant, il apparaît que tout autre objet ayant la même masse et la même dimension pourrait être aussi, la cause déclenchant l’arrêt de la porte à cet endroit. Ce qui arrête la porte à t est la propriété intrinsèque d’un objet, mais ce qui structure cette cause, est un événement qui s’est produit à t 1, lorsque le livre a acquis cette fonction.

Dans la théorie de Dretske, la cause interne d’une sortie motrice est celle d’un état possédant une propriété physique déclenchante. Un agent et sa réplique, exposés à la même indication, exécuteraient donc la même sortie motrice. Dans l’expérience de pensée de Davidson, le double se différencie de la personne originale, seulement par son histoire. En effet, le double de Davidson devant une machine distributrice de boissons, par exemple, se comportera de la même façon que lui. En effet, l’état interne de ce double entièrement identique à Davidson, à la molécule près, réagira aux mêmes stimuli. Ainsi, parce que son état interne est identique au sien et que cet état interne indique la présence de cette machine, toute une série de gestes, consistant à faire fonctionner la machine pour obtenir une boisson, sera effectuée de façon identique à celle que ferait Davidson.

Selon la théorie de Dretske, l’état du cerveau de Davidson, devant la machine distributrice de boisson peut légitimement être appelé une croyance. Il a, en effet, appris dans le passé, qu’une telle machine sert des boissons contre paiement. Sa croyance, que la machine devant lui sert des boissons et son désir de se désaltérer, causent son comportement, qui consiste dans un premier temps à fouiller dans sa poche en quête d’une pièce de 1 euro. L’état du cerveau de Davidson, constitué d’une croyance, est néanmoins le même que celui du swampman. Cependant, son double ne peut pas posséder la même croyance. D’ailleurs, il ne possède aucune croyance. La relation passée de Davidson avec ce genre de machine distributrice lui est propre et constitue sa croyance, son double ne la possède pas.

Le problème est alors le suivant : la croyance de Davidson que la machine distribuera une boisson contre paiement n’est pas une croyance dans le cerveau de son double. Ici, le contenu de la croyance effectivement ne joue pas de rôle au moment t de l’introduction de la pièce de 1 euro dans la machine, mais il a joué un rôle dans l’histoire de Davidson. Son double, quant à lui, parce qu’il est dans le même état interne que Davidson, agit néanmoins de la même façon que lui. Doit-on en conclure que posséder ou non une croyance ne serait d’aucune pertinence causale ? Ou, dans une version moins éliminativiste, que la la croyance n’agit pas causalement au moment où se passe l’événement qui cause un effet ?

Références

DAVIDSON, D. (1987) "Knowing One’s Own Mind." Proceedings and Addresses of the American Philosophical Association, 60 p. 441-58.


Entracte…

21 décembre 2007

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