La boîte noire
La philosophie de l’esprit n’est pas la psychologie. Le travail philosophique a pour tâche l’éclaircissement de notre conception de l’esprit fixé dans notre langage. La psychologie, quant à elle, comme toute science empirique, poursuit un objectif d’investigation des caractères du monde. Elle recueille, pour cela, des données avec lesquelles elle construit une science.
La préoccupation de la psychologie ne va donc pas vers la recherche d’une plus grande précision ou vers l’explication des concepts qu’elle est amenée à utiliser.
Dans notre concept d’état mental entre un certain nombre de marques liées au caractère interne de ces états (accès immédiat, caractère privé, aspect qualitatif, etc.). D’un autre côté, ce qui nous fait attribuer à autrui l’existence d’états mentaux, sont des considérations largement comportementales. Alors que l’accès à nos propres états est direct, les autres peuvent observer leurs effets par le seul biais de l’observation de nos comportements.
Une science peut considérer que seules les caractéristiques observables publiquement constitueront ses données. Si cette science, comme la psychologie, applique ce principe, elle sera amenée à rejeter le caractère interne des états mentaux. C’est le point de vue développé par la doctrine du béhaviorisme psychologique ou méthodologique. Celui-ci, en effet, suppose que parler d’entités qui ne seraient pas susceptibles d’une vérification publique n’a pas de sens. Ainsi, pour cette conception béhavioriste radicale, l’appel aux esprits, mais aussi aux expériences de conscience reflèterait seulement une certaine propension à la superstition qui jadis avait cours. En effet, dans ce monde aujourd’hui révolu, on expliquait certaines caractéristiques observables d’objets en faisant appel aux fantômes et aux esprits habitant ces objets mêmes.
Le béhaviorisme méthodologique de J.B. Watson, devenant « radical » avec B.F Skinner soutient que seul ce qui est publiquement observable est sujet à l’enquête scientifique. En conséquence, toute référence à une quelconque introspection est bannie. Ce qu’il s’agit de montrer, c’est qu’en mettant de côté les états internes fantomatiques, nous n’avons plus besoin de faire exister quelque entité obscure pour expliquer les traits d’un comportement intelligent.
Pour le béhaviorisme psychologique, les données sont les instances de comportement réduites à la réponse des organismes aux contingences environnementales1. Ainsi une instance de comportement est expliquée non en faisant référence à des états d’esprits internes non observables, mais en référence à des stimuli environnementaux qui produisent le comportement. Le modèle auquel nous renvoie ici le béhaviorisme méthodologique est celui du réflexe. Vous êtes assis sur une chaise et un médecin à l’aide d’un petit marteau vous frappe le genou. Il s’agit d’observer la présence ou non d’une contraction musculaire. Ici, la réponse est expliquée par le stimulus du coup de marteau. Ce qui connecte le stimulus et la réponse est alors un mécanisme de réflexe.
Le béhaviorisme soutient que tout comportement, même un comportement complexe peut être pleinement expliqué en terme de stimuli-réponses (S-R). Les réponses complexes sont simplement le résultat de stimuli complexes. Le travail de la psychologie consistera donc à fournir un compte-rendu systématique de ces relations S-R. Ainsi, aussi loin que la psychologie est concernée, l’organisme est une « boîte noire », quelque chose entièrement descriptible en Stimuli-réponses.
Néanmoins, les boîtes noires et les organismes ont une structure interne reconnaîtront les béhavioriste, quelque chose qui est susceptible de subir une investigation. Seulement, cette investigation n’est pas du ressort de la psychologie, mais du physiologiste ou du biologiste.
En posant ainsi comme principe clef, que la théorie psychologique ne doit faire aucune référence aux états internes dans les explications psychologiques, la doctrine béhavioriste apparaît dans toute sa radicalité. En effet, en excluant les états de conscience d’un rôle explicatif/causal dans la relation au comportement, la doctrine béhavioriste peut-elle prétendre accéder au statut d’une théorie psychologique complète2 ?
Notes
1 Fred Dretske (198
conteste cette approche de la notion de comportement qui, selon lui, ne peut pas être réductible à une simple sortie sortie motrice. C’est l’ensemble de la structure relationnelle contenant à la fois la cause et le mouvement, que Dretske nous propose de prendre en compte dans la notion de comportement. Dretske distingue ainsi entre l’observation de la seule sortie motrice qui peut recevoir une cause particulière et l’attention au processus qui a permis ce mouvement.
2 Une des critiques les plus sévères du béhaviorisme que l’on connaisse est celle que Chomsky (1959) adresse à Skinner et dans laquelle il argue que la tentative d’étendre le modèle béhavioriste de l’apprentissage linguistique est sans espoir. Chomsky explique que les compétences linguistiques ne peuvent, même en principe, être expliquées sans admettre que les êtres humains possèdent un répertoire relativement important de structures cognitives complexes qui président à l’usage de la langue.
Références
- CHOMSKY, N. (1959) Review of Verbal Behavior, Language 35: 26-58.
- DRESTKE, F. (198
Explaining Behavior, Cambridge, Mass: MIT Press.
- SKINNER, B.F. (1953) Science and Human Behaviour, trad. Franç. Science et comportement humains, In Press, (2005).
- WATSON, J.B. (1913). Psychology as the behaviorist views it. Psychological Review, 20, p. 158-177.
- WATSON, J.B. 1924. Behaviorism. New York: W.W. Norton In Skinner, B.F., (1971). L’analyse expérimentale du comportement. Un essai théorique. Traduit de l’anglais par A. M. Richelle et M. Bruxelles. Bruxelles : Dessart et Mardaga.



3 mars 2007 à 11:33
Il me semble avoir compris que le behaviorisme ne parvient pas à rendre compte des actions/réactions observables sans avoir à les décrire avec des concepts qui impliquent l’esprit (croire, espérer, penser etc) et qu’aucune élimination totale de l’intentionnalité n’est réalisable. Dans ces conditions on pourrait conclure que le behaviorisme ne tient pas ses promesses et constitue donc une mauvaise voie.
3 mars 2007 à 4:56
Le béhaviorisme méthodologique en déniant l’existence des états mentaux internes ne permet pas de rendre compte d’un certain nombre de phénomènes comme la causation mentale, mais aussi, il lui est impossible de rendre compte de cette caractéristique spécifique du mental qui est celle qui consiste en la possibilité de l’existence sans le corps de l’esprit. Le dualisme cartésien y parvient lui !
De plus, il est vrai que l’intentionnalité ne peut être expliquée par le béhaviorisme.
Néanmoins, l’échec apparent du béhaviorisme n’est pas un échec pour cette doctrine qui dénie l’existence des états internes. Le challenge pour le béhaviorisme consiste à nous fournir un argument que nous aurions de bonnes raisons d’adopter en faveur de cette élimination. On peut dire que le fardeau de la preuve incombe au béhaviorisme.
Néanmoins, lorsque l’on considère dans le béhaviorisme logique (initié par Ryle et Hempel) le point épistémologique qui constitue une évidence pour les autres esprits au sujet de notre vie mentale, à savoir que seul l’observation d’un certain comportement nous permet d’attribuer des états mentaux à autrui, on ne peut pas contester l’apport de cette analyse. Finalement, les questions que pose Ryle et Wittgenstein peuvent être séparées du projet du béhaviorisme logique. D’ailleurs la thèse fonctionnaliste au sujet de l’esprit lorsqu’elle affirme que posséder un état d’esprit revient à être dans une sorte d’état ou un autre contribuant d’une manière caractéristique aux opérations d’un système organisé n’est pas entièrement en contradiction avec le béhaviorisme. En effet, si le fonctionnalisme admet l’existence d’états mentaux, en revanche il n’a pas grand-chose à en dire.
Pour conclure l’échec du béhaviorisme est néanmoins patent en ce qui concerne la dimension qualitative de nos états mentaux. Si avoir un mal de tête est seulement une manière de se comporter ou être disposé à se comporter d’une manière particulière, alors la nature de cet état intrinsèque n’est donc pas pertinent dans l’explication de votre comportement. Encore une fois, pour adhérer à tel point de vue il nous faut un argument convaincant. Le béhaviorisme ne nous l’apporte pas.
3 mars 2007 à 8:22
bonsoir,
La question est de savoir si l’attribution des caractères mentaux comporte une efficacité causale. Je me demande s’il n’est pas nécessaire de s’interroger sur la possibilité d’un caractère direct ou indirect des états mentaux. A votre avis, sur quoi repose la force du béhaviorisme ? Merci.
3 mars 2007 à 9:51
Bonsoir,
Peut-être que la force du béhaviorisme, pour reprendre l’expression, repose sur la compatibilité de la doctrine avec la connaissance scientifique du corps et du cerveau.
Il rend compte également de l’unité du corps et de l’esprit dans la mesure ou ce dernier est considéré comme simplement le corps en action.
Et puis, peut-être que la force principale du béhaviorisme aura d’avoir été partiellement intégré à la thèse du fonctionnalisme analytique qui se fixe comme objectif l’analyse de nos états mentaux en ne s’interdisant certes pas une référence aux états mentaux, mais en les reliant aux stimuli et aux comportements obervables.
9 mars 2007 à 4:27
Bonjour,
Pour une fois je tenterais de faire bref pour argumenter à l’encontre du béhaviorisme :
En physique les causes ne sont pas observables et pourtant elles sont nécessaires à toute explication causale !
En effet aucune force physique régissant le fonctionnement du monde matériel ne peut se soumettre à l’observation : on ne peut en observer que ses effets ! La force de gravitation ne s’observe pas, seule la chute de la pomme causée par cette force s’observe. Du coup on ne peut que batir des modèles mathématiques théoriques tentant de décrirent la nature de ces forces et faisant intervenir des entités hypothétiques.
Là réside la contradiction de la science matérialiste qui veut se limiter à l’observable mais ne peut que l’expliquer par ce qui ne l’est pas.
La matière elle-même n’est pas la substance première car elle est conséquence de ces forces invisibles.
Quelle est alors la nature de la substance non matérielle des forces physiques causant les phénomènes observables?
9 mars 2007 à 7:32
On peut parler des propriétés comme ce qui confère des pouvoirs causaux aux objets qui les possèdent. Une boule possède le pouvoir de rouler parce qu’elle possède la propriété de sphéricité.
C’est en vertu de posséder une propriété qu’un événement en cause un autre. D’où les propriétés tirent-elles leurs pouvoirs causaux est une question importante ? Doit-on, pour répondre à cette question, si l’on a le projet métaphysique de faire une place dans notre ontologie à ces pouvoirs, de postuler l’existence d’une substance non matérielle ? On peut faire appel aux lois de la nature pour expliquer ces pouvoirs ou encore admettre que ces pouvoirs existent dans une base catégorique ou encore qu’ils seraient de purs pouvoirs.
La notion de substance non matérielle est-elle compréhensible ?
11 mars 2007 à 9:43
Bonjour,
Effectivement je ne voyais pas les choses sous cete angle. La pomme a effectivement le pouvoir de chuter. On peut voir cela comme une propriété, je suis d’accord.
Mais si elle peut chuter, c’est que la force de gravitation a le pouvoir de la faire chuter. C’est donc la force physique qui “cause” la chute de la pomme ou qui fait rouler la boule. La cause n’est pas dans la pomme ni dans la boule.
Il y a ici une différence essentielle entre une propriété d’état comme “être sphérique” et une propriété causale comme “faire rouler”. La boule ne roule pas parcequ’elle est sphérique, mais parcequ’elle est sur une pente, que la force de gravitation l’attire vers le bas, et que sa forme ne s’oppose pas au mouvement.
Ce sont des forces qui agissent sur la substance matière et lui donnent sa forme ou son mouvement.
Les forces décrites par la physique sont alors, de votre point de vue, les propriétés causales de la matière. Mais cela n’en font pas pour autant de la matière.
De plus, il y a une relation de l’oeuf et de la poule entre les forces et la matière.
Car c’est la présence (ou la pré-existence ?) de ces forces qui a permi l’avènement de la matière, un des états de l’énergie, et qui a abouti à l’organisation actuelle du monde.
A contrario, s’il n’y a pas de matière, ces forces n’agissent pas. Là se trouve le rebouclage causal de la force et de la matière.
La matière n’agit pas sur la matière : la matière engendre des forces non observables qui agissent sur la matière.
Cette nuance est de taille : la terre attire la pomme tout comme la pomme attire la terre car la présence de leurs masses crée une modification du champ gravitationnel.
Ce champ n’est-il qu’une idée d’ordre métaphysique ? Ou bien est-il la réalité non observable du monde dont on ne perçoit que les phénomènes ?
De plus en plus de physiciens depuis l’avènement de la physique quantique soutiennent cette notion de réalité voilée, existant en dehors de la substance matérielle, car seule explication possible à la cause réelle de phénomènes dit hasardeux (a-causaux). Ces phénomènes indéterminés ne trouvant pas d’explications possibles dans la fermeture causale d’un monde matériel déterministe, il faut bien en imaginer l’origine ailleurs, car ils sont nécessairement “causés”.
En philosophie de l’esprit, le choix d’attitude de pensée est identique :
Le cerveau, fait de matière, engendre-t-il une force spirituelle, non observable, pouvant agir sur lui-même et donc permettre l’action ?
Et si oui, quelle est la nature de cette force ?
Et si non, alors comment se soustraire au déterminisme physique afin de ne pas y sacrifier le libre-arbitre et la volonté ?
Poser l’esprit comme une propriété causale “extérieure” ontologiquement différente à la matière complexe du cerveau permet de préserver l’intentionalité et aussi la finalité qui ne peut être l’objet d’aucun système de matière organisée, déterminé ou non.
14 mars 2007 à 9:13
Vous posez le problème ontologique des propriétés. Le débat est encore largement en chantier. Néanmoins, un certain nombre de philosophes ont discuté la notion et ont souvent associé la propriété à des pouvoirs causaux.
On peut dire aussi que les propriétés sont des manières dont les objets sont.
De plus dans cet éclaircissement de la notion de propriété intervient la notion d’objet. Qu’est-ce qu’un objet ? Est-ce un simple porteur de propriétés ? Si oui, il existerait des porteurs nus ? Ce sont des questions discutées aujourd’hui en métaphysique analytique.
Cette approche métaphysique ne fait pas appel à d’obscures forces qui seraient au-delà du physique. Autrement dit doit-on séparer ces pouvoirs causaux de ce qui les porte ? On peut par exemple penser les objets autrement que comme des particules. Les objets pourraient être des champs. Bref, il s’agit de donner du « mobilier » du monde une image générale et fondamentale. C’est le projet métaphysique. Frédéric Nef, a publié un livre sur les propriétés l’année dernière (billet n° 25 dans ce blog). C’est en français, c’est rare. A sa lecture, il me semble que l’on peut comprendre l’enjeu du débat contemporain en métaphysique.
17 mars 2007 à 6:35
Merci pour votre référence d’ouvrage que je vais rechercher.
A la lecture de votre commentaire je suis tenté de m’accorder sur vos propos quant au fait de ne pas séparer de l’objet ses pouvoirs causaux. Et donc de ne pas faire exister les forces de la physique de façon éthérée. Pour autant où s’arrête la substance matière ? Les forces physiques, en tant que propriétés causales de la matière sont-elles de la matière aussi ? Même si elles ne sont pas observables ni de même nature ? Cela me parait important à préciser car j’y voit un parallèle que l’on retrouve en philosophie de l’esprit. Ce n’est qu’en ayant au préalable défini ce qu’est la matière que l’on pourra ce poser la question de l’action de l’esprit sur la matière. Si tant est que le concept de matière a encore un sens aujourd’hui, risquant de disparaitre en emmenant avec lui la problématique qu’il engendre avec son opposé.
27 novembre 2007 à 12:35
J’ai noté des erreurs importantes dans le texte La boite noire.
Premièrement, le béhaviorisme méthodologique n’est pas du tout une approche qui a été développée par John Watson. Le béhaviorisme méthodologique est une critique du béhaviorisme watsonnien!
Watson était fervent de la thèse forte, c’est-à-dire qu’il croyait que le comportement pouvait être expliqué dans son entiereté par des causes de nature biologique, environnementale et comportementale.
Le béhaviorisme méthodologique défend plutôt la thèse faible. Les chercheurs de cette approche croit que si ces trois causes sont nécessaires pour expliquer le comportement, elles ne sont toutefois pas suffisantes. Une quatrième cause entre alors en jeu: la thèse psychologique (variables intermédiaires ou médiatrices)
La critique fondamentale apportée par le béhaviorisme méthodologique aux positions de Watson est que celui-ci cherche à exclure du champ de la psychologie toutes les formes d’entités non directement observables. Au contraire, le béhaviorisme méthodologique étudie toutes les formes de comportements que ces derniers soient observables ou non. Selon cette approche, on peut mesurer toutes les entités privées en autant qu’elles soient décrites de manière concrète et opérationnelle et qu’un instrument permette d’en mesurer les états ou manifestations.
Aussi, le béhaviorisme méthodologique n’utilise pas la formule S-R, mais plutôt S-O-R
Le O désigne les variables internes de nauture psychologique (ex: cognition, attitude, affect, motivation) qui peuvent influencer la réponse de l’organisme aux conditionnements environnementales en vigueur.
Il est éronné de simplifier comme il est fait dans ce texte le béhaviorisme en ramenant les approches béhavioristes à une même théorie. Il faut voir le béhaviorisme comme un programme de recherche qui s’applique à beaucoup de disciplines et qui, encore faut-il le rappeler, porte en elle plusieurs théories extrêmement différentes.
27 novembre 2007 à 12:53
Merci pour ces importantes nuances et précisions. Effectivement, Watson représente un béhaviorisme « classique » ou « premier » qu’il ne faut pas incorporer sans nuance dans le béhaviorisme méthodologique. Cependant, sans l’assimiler aux recherches du béhaviorisme méthodologique, on peut néanmoins considérer que le travail de Watson est aux fondements du béhaviorisme méthodologique.
Certes, le schéma S-O-R vient nuancer la formule S-R. Je précise d’ailleurs, dans ce billet, que le les béhavioristes reconnaissent que les organismes possèdent une structure interne qui est susceptible de subir une investigation. Néanmoins, l’idée générale du béhaviorisme persiste dans le principe méthodologique qui consiste à étudier les états mentaux d’une personne en observant son comportement même au sens large. Bref, il s’agit de renoncer aux concepts mentaux. On renonce, par exemple à prendre en compte des comportements qui impliquent certaines croyances ou désirs. L’objectif de ce billet, qui probablement passe sous silence des nuances non négligeables, avait pour objectif de présenter l’approche béhavioriste d’une manière très générale afin de la confronter au béhaviorisme philosophique, aussi je ne pense que, dans ce contexte, l’on puisse dire qu’il contienne des erreurs.